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"Apprendre en simulant" par Louis Bernard, auteur du "Guide pratique de formation par la simulation"





Le 2 Février 2015, par La Rédaction

Avec son « Guide pratique de formation par la simulation », Louis Bernard propose une méthode alternative à l’enseignement traditionnel. En effet, selon cet enseignant formateur, fondateur de Layer Cake, seul organisme de formation dédié à la simulation en France, c’est par l’action que l’on apprend et que l’on retient. Son ouvrage est destiné à toutes les personnes désireuses de transmettre un savoir multiple : du savoir au savoir-faire et au savoir-être, Louis Bernard fait ainsi la lumière sur un outil pédagogique riche et performant. Rencontre.



Votre ouvrage se présente sous forme d’un guide pratique tiré de votre expérience de concepteur de simulations : qu’est-ce qui vous a poussé à l’écrire ?

Je crée et j’anime des simulations depuis 2001, et je suis passé du statut de bricoleur à un processus de « fabrication » assez solide. Je me suis rendu compte qu’à l’inverse de la Grande-Bretagne, par exemple, avec notamment les ouvrages de Kenny Jones dès les années 1970, aucun ouvrage de formation de formateurs traitant de la simulation comme outil pédagogique n’existait encore en France. Je me suis donc dit que j’allais le faire moi-même. 

Vous défendez l’idée d’apprendre par l’action. Mais qu’entendez-vous concrètement par simulation ? S’agit-il d’une forme de jeu de rôle ?

Le jeu de rôle est une notion précise, qui existe depuis longtemps et qui a beaucoup d’adeptes. Il demande de prendre des décisions, de faire toute une série d’actions, en suivant, donc, un « rôle », qui, nécessairement limite le champ de possibilités. La simulation est différente. Elle n’attribue pas de rôles mais plutôt des fonctions (le DRH, le journaliste, le chef d’équipe, le commandant de vaisseau…) et demande au participant ayant endossé cette fonction de prendre des décisions « en tant que ». « Le voisin énervé », « la veuve joyeuse », sont des rôles. Le « DRH face à un recrutement difficile », « le chef d’équipe le lendemain d’une fusion », sont des fonctions, dans un contexte donné. Ça n’a l’air de rien mais c’est une différence fondamentale. 

Vous destinez ce guide « à quiconque cherche à faire apprendre ». La simulation est-elle vraiment accessible à tous ou existe-t-il des publics plus sensibles à ce mode d’apprentissage ?

On me pose souvent la question, en m’expliquant souvent que les seniors, ou les professions très réglementées, auront du mal à se « mettre en danger » en essayant des simulations. Je leur réponds que la simulation a été inventée par des généraux prussiens au XIXème siècle ! La vérité, c’est que tout le monde aime à apprendre en s’amusant, et que, quel que soit son âge, être actif dans son parcours de formation est très apprécié. 

Dans votre ouvrage, il s’agit également de réfléchir sur notre mode d’apprentissage. Quel est votre point de vue sur la situation actuelle de l’école en France ?

Je suis atterré ! 140 000 enfants sortent du système scolaire sans qualification chaque année… C’est une honte nationale ! L’école est synonyme d’ennui, toute expression de créativité est réprimée (pensez aux cours de « Dessin » où il ne faut surtout pas dessiner car cette semaine c’est « Gouache », ces cours de « Musique », où il ne faut surtout pas faire de la musique parce que cette semaine c’est « Solfège »…). Comme l’une des qualités requises dans l’emploi est, de plus en plus, la prise de parole en public, seuls les cancres ont leur chance, puisqu’on les a envoyés au tableau pour les punir, alors qu’on laissait les bons élèves se taire au premier rang !

Vous concevez et dirigez des simulations depuis 2001, quels enseignements en avez-vous tiré en tant que professionnel de la formation et enseignant ?

Deux enseignements. Plus on est acteur de sa propre formation, plus on retient. L’âge de la formation « descendante », unilatérale, est révolu. Ensuite, plus on s’amuse dans sa formation, plus on retient. Vous vous souvenez beaucoup mieux du prof sympa de vos années lycée que du prof morne. C’est simple, et pourtant c’est souvent oublié ! 

Et quels ont été globalement les retours d’expérience des participants à ces simulations ?

Très encourageant. J’ai d’anciens étudiants par exemple, qui, des années après, se souviennent d’une simulation comme d’un moment important de leur cursus. Nous avons aussi des entretiens avec des participants en formation professionnelle, généralement après 12 mois, qui nous expliquent qu’ils reproduisent et utilisent dans leur vie professionnelle des comportements qu’ils sont expérimentés durant une simulation. C’est très agréable à lire. 

 

Fondateur de Layer cake, le seul cabinet de formation français spécialisé dans la simulation, les serious games, et la gestion de crise,  Louis Bernard conçoit et anime des simulations depuis 2001. Convaincu que la mise en situation est la meilleure solution pour l’enseignement comportemental, il a organisé de nombreux modules au sein d’entreprises et auprès d’étudiants en France comme à l’étranger. Il est également chargé d’enseignement à HEC, à l’IRIS et à la Hebrew University of Jerusalem.




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