Journal de l'économie

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Entretien avec Jean-François Tripodi, Carte Blanche Partenaires

« Les plateformes santé ont un rôle social majeur dans le contexte économique actuel ».





Le 24 Septembre 2015, par La Rédaction

Demain, à Paris, s’ouvre le Salon Mondial de l’Optique (SILMO). A la veille de cet évènement majeur pour l’ensemble des professionnels de la santé visuelle, nous avons rencontré le directeur général de Carte Blanche Partenaires, une des cinq principales plateformes santé françaises. Leur rôle, largement méconnu du grand public, est aujourd’hui central dans l’articulation des parcours de soins des assurés ; à plus forte raison, dans un contexte de réduction des dépenses publiques de santé qui affecte en règle générale les patients les moins favorisés.


Jean-François Tripodi
Jean-François Tripodi

Quel est le cœur de métier d’une plateforme santé comme Carte Blanche Partenaires ?

Carte Blanche Partenaires est une organisation à l’intersection des sphères santé et sociale qui gère des réseaux de soins. En d’autres termes, nous sommes des intermédiaires entre les complémentaires santé et les professionnels de santé dont la vocation est d’optimiser la prise en charge des patients dans le cadre de leur parcours de soins. Concrètement, nous proposons des services à forte valeur ajoutée tels que l’amélioration de la qualité des soins et des équipements, le tout dans une logique de maîtrise des dépenses de santé.

Qui en sont les bénéficiaires ?

Les premiers bénéficiaires sont bien entendu les patients, qui bénéficient d’une prise en charge optimale et à moindres frais au sein des réseaux que nous animons (chirurgiens-dentistes, opticiens, ou audioprothésistes par exemple). Nous avons notamment pour ambition de favoriser un accès aux soins le plus large possible, dans un contexte où de plus en plus de Français renoncent à certains soins pour des raisons de coûts.

Ces réseaux sont bâtis sur la base d’accréditations que nous délivrons aux professionnels de santé, à partir de critères qualitatifs et tarifaires. Cela permet à ces professionnels de pérenniser leur clientèle tout en renforçant les liens de confiance qui les unit à la communauté médicale.

Les assureurs enfin, avec lesquels nous travaillons en étroite concertation, y voient la garantie que leurs assurés bénéficieront d’une qualité optimale de prise en charge, tout en maîtrisant le coût des soins prodigués.

Nous intervenons, en quelque sorte, comme des tiers de confiance, ou des régulateurs garants de la stabilité et du bon fonctionnement du système de soins, dans une logique « gagnant-gagnant-gagnant ». Cela se résume à « faire toujours mieux, pour moins cher ». 

Le SILMO ouvre ses portes demain à Paris. Puisque c’est d’actualité, et puisque c’est aussi un sujet de préoccupation pour une écrasante majorité de Français, quel est votre niveau d’action en matière d’optique ?

Nous gérons une convention optique dont la version 2016 a justement pour particularité de favoriser encore davantage l’accès aux soins pour tous. Plus spécifiquement, nous avons créé un référencement Premium au sein de notre réseau, afin de mieux piloter le parcours de soins des patients qui ont besoin de verres très spécifiques. Ainsi, certains opticiens répondant à des exigences particulièrement pointues en termes d’équipements et de services pourront être référencés dans cette catégorie et les verres correspondant seront mieux valorisés.

Il faut savoir que, naturellement, plus les équipements et les soins requis sont spécifiques, plus ils sont chers. C’est donc afin de faciliter l’accès aux soins au plus grand nombre que nous travaillons à ce que le « reste à charge » soit le plus faible possible, voire nul, pour le patient. Et ce, quelle que soit la spécificité de ses problèmes de vue.

Enfin, de manière plus générale, nous effectuons des contrôles réguliers auprès des professionnels de santé pour nous assurer de l’absence de « fraudes à la mutuelle » et surtout, du respect des standards de qualité en matière d’équipements visuels.

Comment cela fonctionne-t-il, concrètement ?

Concernant les verres, nous sommes parvenus à un accord cadre avec trois verriers – Essilor, Zeiss, et Nikon – qui concèdent à nos opticiens des avantages particuliers dans le cadre d’une offre de qualité « sans reste à charge ». La qualité des verres est essentielle, et il était pour nous important de pouvoir offrir cette garantie aux patients.

Concernant les montures, il a été plus difficile de trouver une solution répondant à nos exigences de qualité des produits. C’est la raison pour laquelle Carte Blanche Partenaires a décidé de créer une centrale d’achat de montures, la centrale CBP, chargée de proposer aux opticiens une gamme de montures dont la structure de coûts est différente.

Avec ce programme, baptisé Carte Blanche - Prysme, le reste à charge est de zéro. Ainsi, nous estimons remplir notre rôle social en garantissant l’accès aux soins visuel à tous, y compris aux patients les moins favorisés, qui renoncent généralement aux soins pour des raisons de prix.

Justement, la création de cette centrale d’achat a suscité une vague polémique auprès d’une poignée d’opticiens indépendants qui vous reprochent de vouloir imposer vos montures à vos adhérents.

Soyons précis : la centrale CBP est une association qui n’a pas vocation à dégager de marge. Elle a une vocation sociale qui est de permettre notamment à nos bénéficiaires et à tout Français de pouvoir bénéficier d’équipements visuels de qualité quelle que soit sa situation économique. Carte Blanche Partenaires ne tire donc aucun revenu de la vente de ces montures.

De surcroît, nous avons conçu ce dispositif de telle sorte à ce qu’il soit favorable aux opticiens. En effet, notre idée est qu’ils puissent assurer leur rôle social et de santé publique tout en préservant l’intérêt de leur entreprise et en maintenant leurs marges. Ainsi, les opticiens pourront s’adresser à une patientèle plus large dans une démarche citoyenne.

Accessoirement, ils sont libres d’adhérer à notre réseau de soins, dès lors qu’ils en acceptent les règles de fonctionnement et surtout, partagent notre philosophie des métiers de la santé. Je sais d’ailleurs que l’immense majorité d’entre eux a conscience de la responsabilité sociale de la profession. Enfin, je précise qu’une partie de ces montures sera produite en France. Nous avons d’ailleurs lancé en parallèle la procédure de certification Origine France Garantie. Dès 2017, toute notre collection sera de fabrication française. Nous entendons de la sorte contribuer à la préservation d’importants bassins d’emploi dans l’Ain et dans le Jura. Tout le monde y gagne, à part Carte Blanche Partenaires : les opticiens, les patients, et les fabricants de monture. Dès lors, j’avoue mal comprendre les fondements de ces attaques.




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