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INSEE : les locataires sont toujours plus pauvres





Le 23 Février 2017, par Anton Kunin

Les ménages propriétaires de leur logement s’en sortent mieux que les locataires, c’est bien connu. Mais, chose nouvelle, l’écart de revenus qui les sépare ne cesse de se creuser, révèle une étude de l’INSEE.


Parmi les plus modestes, la part des locataires explose

En France, le fait d’être locataire est de plus en plus un indice d’une situation financière délicate. Si parmi les « non-propriétaires » (à savoir, les locataires et les personnes logées à titre gratuit) on dénombrait 25 % des ménages les plus modestes en 2015, leur part s’est aujourd’hui accrue pour s’établir à 42 %. Par ailleurs, les 10 % des ménages les plus pauvres sont aujourd’hui 74 % à être locataires. À titre de comparaison, seuls 50 % d’entre eux étaient locataires en 1973.

En France, seuls 58 % des personnes sont propriétaires de leur logement. Cet indicateur a certes évolué (+10 points depuis 1973), n’empêche que l’Hexagone reste bien en-dessous des niveaux constatés chez nos voisins italiens (68,2 %) et espagnols (83,1 %). La difficulté à devenir propriétaire est accentuée par la flambée des prix des logements : entre 1996 et 2016, les prix dans l’ancien ont été multipliés par 2,52, et même de 2,67 en Ile-de-France.

Les locataires dépensent toujours plus pour se loger

Les dépenses liées au logement (loyers, charges, chauffage) ont progressé plus rapidement que les revenus des locataires. Résultat : la part des revenus consacrée aux dépenses de logement s’est accrue. Si cette hausse concerne tous les types de logements, elle a été plus forte pour les locataires du secteur libre (+ 4,8 points, 28,4 % en 2013, contre 23,6 % en 2001) que pour ceux du secteur social (+ 3,9 points, 24,1 % contre 20,2 %). Pire, pour les locataires les plus pauvres , cette hausse a été encore plus spectacualire (+7,8 points). C’est également chez ces personnes que les dépenses liées au logement sont le plus prises en charge par les aides publiques (30 % du montant des dépenses en 2013).

Les charges augmentant tous azimuts, les Français modestes éprouvent des difficultés notamment pour payer leur chauffage. Résultat : ils font des économies. Et là encore, les inégalités s’invitent : si 33 % des propriétaires ont froid le matin au réveil, ce pourcentage grimpe à 51 % chez les locataires.




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