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La ferme des 1000 vaches





Le 6 Novembre 2017, par La Rédaction

Derrière des changements de mode production et de notre agriculture, il y a des industries agro-alimentaires. Ces industries, contrôleront donc toute la chaîne, depuis le type de matières premières et de bêtes, jusqu’à la transformation des aliments et la livraison de plats préparés.


 
Le projet a été initié en 2009 par des producteurs laitiers. Située dans la baie de Somme (Hauts-de- France), « la ferme des 1 000 vaches » a été le premier projet de production bovine industrielle en France. En dépit de son caractère légal, il a cristallisé les griefs des adversaires de l’industrialisation des fermes en France. La ferme industrielle de 1 000 vaches a pour objectifs la production laitière et la méthanisation (transformation du fumier en électricité). La première demande administrative est déposée en février 2011 et une enquête publique débute en août. Dès février 2012, une première manifestation d’opposants au projet a lieu. L’association Novissen mène la contestation. Sur son site internet, elle évoque ses griefs :
 
  • aucune trace du bilan carbone de l’ensemble du projet
  • des risques graves pour la santé alors qu’il est proche des habitations
  • des risques très graves pour l’environnement
  • ce projet bafoue la condition animale
  • ce projet détourne l’esprit de la loi en ce qui concerne le méthaniseur
 
Après plusieurs occupations, tentatives de démantèlement et recours, la ferme-usine de Michel Ramery (décédé en mai 2016) lance finalement son activité en septembre 2014. En 2016, l’exploitation compte 880 animaux. Le projet de méthaniseur, lui, est toujours à l’étude.
 
« La ferme des 1 000 vaches » a aussi ses défenseurs. Parmi eux, Francis Capelle, producteur de grandes cultures dans l’Aisne. « En tant qu’expert foncier, j’ai audité en Thiérache de nombreuses exploitations de dimension moyenne, produisant 500 000 à 600 000 litres de lait avec 70 vaches, témoigne-t-il au site internet terre-net.fr. Ces structures font vivre une voire deux personnes, mais à quel prix ! La mise aux normes a entraîné d’importants investissements, difficiles à amortir ». A la tête de 400 ha de culture de céréales, betteraves et légumes de plein champ, il défend les exploitations de grandes tailles. Il poursuit : « Dans une société civile laitière réunissant plusieurs ateliers, comme la « ferme des 1 000 vaches », il est possible d’amortir plus facilement les investissements. Ce projet, dimensionné sur le modèle des élevages laitiers de l’Allemagne de l’Est, permettra une rationalisation du capital et du travail. (…) Des changements indispensables pour ne pas sombrer face à la concurrence européenne. Je comprends les inquiétudes de certaines personnes, mais les arguments des opposants sont bien trop idéologiques. Certes, les risques sanitaires et environnementaux seront concentrés, mais ils seront davantage maîtrisés ».
 
« Avec ces usines à vaches, le lait devient un sous-produit de la merde », prévient avec virulence Laurent Pinatel, porte-parole de la CP. « On ne condamne pas les gens qui sont dans ce système, mais les techniques employées et les aides publiques qui vont dans ce sens », précise-t-il. Et la question des emplois ? Mikel Hiribarren, secrétaire général de la CP, affirme sur le site terre-net.fr : « La question de la qualité de l’emploi est rarement posée et mérite pourtant un débat ! Les créations d’emplois annoncées ne seront que des emplois spécialisés peu rémunérés, avec finalement peu d’intérêt par rapport au métier d’agriculteur. La traite, par exemple, se fera à la chaîne, comme dans n’importe quelle autre industrie. Est-ce vraiment ce type d’emploi qu’il faut développer ? ». Xavier Beulin lui, ne voulait pas diaboliser ce type de projets et objectait : « Dans une exploitation (plus) grande, on maîtrise mieux les pollutions diffuses (…) On est dans une Europe à 28 et chez nos voisins, il y en a des fermes de 1 000 à 2 000 vaches ».

Extrait de "GLOBESITE, la grande désinformation de l'industrie agro-alimentaire"
Pour en savoir plus
 
 



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