Journal de l'économie

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Le syndicat majoritaire de Bercy alarmiste sur le consentement à l'impôt





Le 28 Octobre 2013, par

Solidaires Finances Publiques, le principal syndicat des fonctionnaires du ministère de l'Economie et des Finances tire la sonnette d'alarme. Selon lui, la succession de mesures et de reculades crée de "graves dangers sur le consentement à l'impôt".


Le syndicat majoritaire de Bercy alarmiste sur le consentement à l'impôt
"Au-delà des projets gouvernementaux eux-mêmes, parfois discutables, il est inquiétant de voir que [le] «ras-le-bol fiscal» est de plus en plus instrumentalisé par des catégories d’intérêts particuliers qui n’ont qu’un lointain rapport avec l’intérêt général. (…) Dans ces conditions, la répartition de la charge fiscale ne peut qu’être un peu plus déséquilibrée, et ce au détriment de l’immense majorité des ménages qui ne peut s’organiser pour faire valoir ses « intérêts » ou, tout simplement, l’intérêt général". Le ton est donné. 

Dans un communiqué envoyé à la presse lundi 28 octobre, au lendemain de l'énième reculade du gouvernement sur la taxation des produits d'épargne, mais aussi au lendemain des violents affrontements qui ont opposé agriculteurs et forces de l'ordre en Bretagne, les premiers demandant le retrait de l'ecotaxe, le syndicat Solidaires Finances Publiques, qui donne le la à Bercy, ne mâche pas ses mots. 

Même si Solidaires Finances Publiques prétend que ceux qui s'opposent aux nouveaux impôts et aux réformes fiscales qui se succèdent depuis un an roulent uniquement pour eux et non pour l'intérêt général, il constate que le danger est réel : "le consentement à l'impôt, pilier de la démocratie, s'affaiblit". Défendant ses ouailles (on ne se refait pas) le syndicat avertit : "les agents des finances publiques, au contact quotidien des contribuables et des usagers, risquent également de faire les frais d'une situation tendue et parfois même explosive". 

La conclusion du communiqué, alors même qu'il désigne du doigt le Medef, qui refuserait par principe l'impôt sur les sociétés, les pigeons qui ne voulaient pas payer plus ou les épargnants qui veulent protéger leur cagnotte, est sans appel : "une réforme fiscale d'ampleur est urgente à mener : elle doit rendre la fiscalité juste, simple et stable".

Autrement dit, ceux-là même qui doivent appliquer les mesures fiscales décidées par le gouvernement ou votées par l'Assemblée Nationale conviennent désormais que la fiscalité française n'est ni juste, ni simple, ni stable. Un sérieux avertissement supplémentaire pour le gouvernement !


Jean-Baptiste Giraud
Jean-Baptiste Giraud est journaliste économique, passé par Radio France, BFM, LCI, TF1 et... En savoir plus sur cet auteur


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