Journal de l'économie

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Quand Goldman Sachs menace de quitter le paradis de la finance européenne





Le 4 Décembre 2013

Les annonces gouvernementales peuvent parfois avoir des conséquences out à fait inattendues. C’est du moins ce que laisse à penser la déclaration de Michael Sherwood, vice-président de Goldman Sachs au début du mois de septembre : si Londres met à exécution sa menace de sortie de l’Union, la banque américaine quittera la City.


Le retour de bâton

crédit: KrakenHamme
crédit: KrakenHamme
L’annonce de David Cameron faite en mai 2013 avait fait grand bruit dans toute l’Union Européenne : afin de s’assurer le soutien total de l’aile la plus conservatrice de son parti, il avait assuré qu’en cas de réélection en 2015, il soumettrait à referendum une éventuelle sortie de son pays de l’UE avant 2017. L’argument massue qui avait été largement mis en avant par le premier ministre britannique avait été l’immobilisme de l’Union sur les questions de réforme. « Nous ne sommes pas tranquilles à ce sujet », a déclaré le 2 décembre le numéro 2 de la banque d’affaires américaines Goldman Sachs. Il aurait par ailleurs ajouté: « Ne vous focalisez pas sur nous. Face à pareille situation, Toutes les entreprises européennes quitteraient le navire dans un délai très court. » La City, qui pilote toutes les activités de Goldman Sachs en Europe, représente 6000 à 7000 employés pour la banque d’affaires, soit 85% de son personnel européen. Tout en affirmant qu’une telle décision ne serait prise qu’à contrecœur, et en soulignant le savoir-faire de Londres en ingénierie financière, Michael Sherwood explique que l’activité de la City serait considérablement réduite, et n’offrirait clairement plus les mêmes perspectives aux potentiels investisseurs étrangers.

Primauté de la zone euro

Car bien qu’elle n’en fasse pas partie, c’est paradoxalement par la capitale britannique que transite l’essentiel de la monnaie européenne négociée sur les marchés internationaux. L’émancipation de Londres vis-à-vis de Bruxelles permettrait elle de « libérer » tout le potentiel de la City ? D’après les pro-référendum, oui. Cependant, c’est loin d’être l’avis de M. Sherwood : au contraire, la visibilité de la City sur les marchés internationaux tient largement à sa proximité avec la zone euro. En outre, « les hommes d’affaires chinois ou d’autres pays émergents s’intéressent à Londres pour aussi saisir des opportunités en Europe continentale », ajoute-t-il. Il est très peu probable qu’en cas de sortie de l’Union, la City puisse continuer à bénéficier autant de l'attractivité de la zone euro.  M. Sherwood avoue par ailleurs que « Les autorités britanniques ont une longue expérience de gestion d’un grand centre international, cela prendrait du temps pour créer un environnement similaire ailleurs ». Pour la City et Goldman Sachs, il s’agirait d’une deal perdant-perdant. Tout en se faisant porte-parole des acteurs financiers, il se veut également menaçant et lance ce qui ressemble fortement à un avertissement : « pour le gros des activités de marchés de capitaux, il est possible de faire des affaires à l’intérieur de l’Union européenne ». La City est remplaçable. Malgré les menaces de réglementation et de taxations des transactions, les opportunités offertes par la zone euro semblent peser en faveur d’une délocalisation de la majeure partie des activités. Potentiel point de chute pour le nouveau HQ : La Défense ou Francfort.




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