Selon le Private Wealth Migration Report 2025 du cabinet Henley & Partners, la France connaîtrait une sortie nette de 800 millionnaires sur l’année. À première vue, cela peut sembler anecdotique. Mais ramené à la réalité française, où 10 % des foyers fiscaux paient 70 % de l’impôt sur le revenu et où les 0,1 % les plus riches assurent à eux seuls 13 % de la recette totale (chiffres Fondation IFRAP, 2025), cette hémorragie prend une toute autre dimension. Ces départs touchent précisément ceux qui créent, investissent et financent une large part du système collectif. Ces départs vont probablement s’intensifier avec la séquence politique stupéfiante que nous vivons.
Le choc psychologique du budget 2025
Ce départ n’est pas qu’économique : il est moral et psychologique. Les entrepreneurs français ont encaissé une séquence budgétaire vécue comme une mise au pilori. Durant plusieurs semaines, dans les hémicycles comme sur les plateaux télévisés, on a laissé prospérer l’idée qu’ils seraient des profiteurs, des parasites, des accapareurs. Et cette fois, l’offense ne vient pas seulement de l’extrême gauche : le MoDem lui-même a soutenu un retour de la taxation patrimoniale pas la création d’un nouvel ISF. Pour beaucoup, cette unanimité contre la réussite a créé un sentiment de rupture profonde avec le pays. Ce n’est plus seulement une question de fiscalité : c’est une blessure de reconnaissance. Le malaise est désormais si visible qu’il n’est plus nié, même par des médias que l’on ne peut pas soupçonner de sympathie libérale. Dans L’Édito éco du 10 novembre 2025, diffusé sur France Inter, il est reconnu qu’« un véritable mouvement de lassitude et de défiance se prépare dans le monde entrepreneurial français ». Le ton du chroniqueur est inédit : il décrit un climat de désillusion, visible sur les réseaux sociaux, où des milliers d’entrepreneurs expriment leur exaspération et leur sentiment d’injustice. Cette reconnaissance par un média public, habituellement classé à gauche, souligne la gravité du phénomène : la défiance n’est plus marginale, elle devient systémique.
L’injustice, poison du consentement à l’impôt
Le mot revient sans cesse : injustice. C’est sans doute le plus dangereux des signaux. Car dès lors qu’un citoyen, et plus encore un entrepreneur compte tenu de sa contribution au collectif, se sent injustement traité, le consentement à l’impôt s’effondre. Même ceux qui ne partiront pas physiquement réfléchiront à s’expatrier fiscalement, à déplacer leurs capitaux, à réduire leurs investissements. L’idée du départ, déjà, agit comme un virus économique. On peut ne pas franchir la frontière, mais on retire son élan, son envie, son capital-risque. Et cela suffit à affaiblir le pays. Les 800 départs annoncés ne sont pas des statistiques froides : ils représentent des entreprises, des projets, des emplois, de la consommation. Les entrepreneurs fortunés consomment davantage, investissent plus, et irriguent des écosystèmes entiers de sous-traitants, de fournisseurs, de start-ups. Leur départ, ou simplement leur découragement, crée une onde de choc sur tout le tissu productif. Et lorsqu’on sait que les 0,1 % des foyers fiscaux les plus riches financent à eux seuls 13 % de l’impôt sur le revenu, la perte n’est plus symbolique : elle devient budgétaire. Ce qui se joue, à travers ces chiffres et ce climat, c’est bien plus qu’une question d’argent : c’est la fin d’un pacte moral. La France se comporte aujourd’hui comme un pays qui ne veut plus de ceux qui la font vivre. Et lorsqu’un pays envoie à ses créateurs le message qu’ils sont indésirables, il ne faut pas longtemps pour qu’ils le croient. Le résultat, c’est une économie qui se vide par le haut, des talents qui s’éteignent ou s’en vont, et un État qui se prive de ses plus solides contributeurs.
À ce rythme, la France ne sera bientôt plus divisée entre riches et pauvres, mais entre ceux qui peuvent partir et ceux qui ne le peuvent pas.

Bien fait pour la France, ce pays et une partie de sa population ne cesse de cracher sur les entrepreneurs, ils ne sont que des vaches à lait ou des loups à abattre, peu voit en eux le cheval qui tire le char , ils iront créer de la richesse ailleurs qui profitera à d’autres pays
Comme vous l indiquez justement si nous chef d entreprise acceptons d être les plus impose, si cela s accompagne d une mise au pilori, trop c est trop. Beaucoup de petits chefs d entp ne peuvent quitter la France, pas assez riche pour le faire .’. Mais par contre nous décidons de nos revenus, resultat qui peut être sérieusement dégradé pendant un certain temps par des arbitrages comptable, financier etc, sans compter sur la crise économique qui va bien nous y aider…, tout comme le libre choix de non distribution de dividendes. Oui ceux qui n ont d autre choix que de rester vont entrer en résistance fiscale, tant sur le plan professionnel que personnel, et ça va coûter chere tres chere a notre pays !
Vous parlez d’hemorragie en évoquant en gras que « 0,1 % les plus riches assurent à eux seuls 13 % de la recette totale ». Je suis désolé mais cette phrase est complètement biaisée et cherche à manipuler. Ces 0.1 % des plus riches contribuent proportionnellement de manière équitable par rapport aux autres. Ben oui, l’impôt est basée sur des tranches, sinon si ces riches devaient payer le même montant que les foyers modestes on serait sur un impôt totalement injuste. C’est l’article 13 de la Déclaration des droits de 1789 qui a mit en place un principe d’égalité en matière fiscale et chacun contribue de manière proportionnelle c’est tout à fait normal dans une société !
Donc il faut arrêter avec votre « hemorragie »..
Je regrette le temps où les journalistes avaient encore une morale et une déontologie..