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« Face aux enjeux du vieillissement ou du renoncement aux soins, l’optique doit sortir des magasins » par Yves Guénin, secrétaire général d’Optic 2000





Le 13 Juin 2018, par La Rédaction

Pour permettre à tous d’accéder aux soins visuels, l’opticien a un rôle essentiel à jouer. C’est la conviction d’Yves Guénin, le Secrétaire général d’Optic 2000, la plus connue mais aussi la plus importante enseigne d’optique en France. Pour cela, nous explique-t-il, l’opticien peut encore faire évoluer son modèle et son organisation… Dans l’intérêt de la santé des patients.


Pénurie d’ophtalmo, renoncement aux soins… L’accès aux soins visuels semble de plus en plus complexe. Faire soigner ses yeux, n’est-ce pas devenu un parcours du combattant ?

Il y a effectivement une vraie problématique de l’accès aux soins visuels en France. D’abord, nous manquons d’ophtalmologistes. Ensuite, ceux en exercice ne sont pas répartis équitablement sur le territoire. Nous devons donc composer avec d’importants déserts médicaux : certains patients sont très éloignés des ophtalmos les plus proches, eux-mêmes déjà submergés de patients… Difficile dans ces conditions de prendre un rendez-vous ! C’est pourquoi les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous sont très longs : 3 mois environ en moyenne, plus d’un an dans certaines régions.
Dans ce contexte, l’opticien, en tant que professionnel de santé de proximité, a véritablement un rôle à jouer. Car lui est toujours accessible : les magasins d’optique sont nombreux – près de 1200 pour notre seule enseigne -, et répartis sur toute la France. Dans toute zone réputée pour être un désert médical, on trouvera quand même un opticien…
 
Aujourd’hui, tous les français ont-ils donc vraiment accès à un opticien ?
 
C’est l’objectif de la politique de proximité menée par Optic 2000 depuis plusieurs décennies. A l’heure actuelle, notre maillage territorial nous permet de mettre chaque français à moins de 15 minutes d’un magasin Optic 2000. Nous proposons également un site de vente en ligne, basé sur le modèle du web-to-store (achat en ligne et retrait en magasin), pour ajouter une dimension « proximité numérique » à la proximité géographique déjà en place. En effet, c’est aussi sur le web que se trouvent les patients…
Mais il nous faut aujourd’hui pousser cette logique de maillage territorial plus loin encore. Car il y a des personnes qui ne peuvent pas forcément se rendre dans un point de vente pour rencontrer un opticien. Et pour lesquelles nous devons tout de même assurer l’accès aux soins visuels.
 
Quelles sont les solutions envisageables pour répondre à ce besoin ?

Je crois que face aux enjeux du vieillissement ou du renoncement aux soins, l’optique doit sortir des magasins. Pour aller, notamment, à la rencontre des personnes dont les déplacements sont particulièrement difficiles. Nous proposons ainsi un service à domicile : l’opticien se rend sur rendez-vous chez les personnes âgées ou isolées, et leur offre la même qualité de prestations, et au même prix, qu’en magasin.
Cela peut passer aussi par un relai via d’autres points de vente plus accessibles encore - les pharmacies par exemple, dans lesquelles passent en moyenne 200 personnes par jour. Optic 2000 a ainsi mis en place un partenariat avec Otiko pour proposer ses produits dans certaines officines, dans lesquelles l’opticien partenaire s’engage à être présent au moins une demi-journée par semaine pour rencontrer les patients. Car, et c’est la base de tous nos services, et de toutes nos prestations, les clients doivent pouvoir accéder, en direct, à l’accompagnement, aux conseils, et au professionnalisme de l’opticien, pour s’équiper en lunettes ou lentilles. Il en va de leur confort, et de la qualité de leur vision au quotidien.
Je ne crois pas du tout aux modèles qui évincent cette dimension – vente en ligne des « pure-players » par exemple. Car sous couvert de simplicité, et en vantant les mérites d’une offre à petits prix – que nous savons proposer par ailleurs…-, c’est la qualité de l’accompagnement et la relation entre le patient et le professionnel de santé qui sont détériorées. 
 
Vous évoquez la question du prix. S’agit-il aussi d’un frein à la santé visuelle ?
 
Oui, l’aspect financier est bel et bien une des causes de renoncement aux soins.  Mais on peut proposer des offres à petits prix, sans pour autant accepter le principe d’une optique « low-cost » ! Chez Optic 2000, le forfait unifocaux démarre à partir de 39€, les progressifs à partir de 139€, la deuxième paire est à 1€… Nous avons aussi mis en place le programme « Objectif zéro dépense » : nos opticiens s’engagent à présenter aux clients au moins deux devis, dont l’un comporte un reste à charge nul.
Notre objectif est de concilier qualité des équipements et de la prestation, conseils et accompagnement par un professionnel de santé engagé, et dépenses réduites pour le client. C’est une démarche ambitieuse, qui repose sur une organisation, et une politique, volontaires. Pour cela, nous nous appuyons notamment sur notre site de Clamart, dans lequel sont montées toutes les « deuxièmes paires ». Cet atelier, où travaillent 90 personnes, industrialise le processus d’assemblage, et permet de réduire les coûts, tout en libérant du temps aux opticiens en magasins. Nous disposons aussi à Clamart d’un centre de formation, d’un espace de stockage, d’une plate-forme logistique et de plusieurs services administratifs, tous au service du réseau. Il n’y a pas forcément besoin d’externaliser, ou de délocaliser, pour faire des économies ! Et nous y gagnons aussi en qualité, réactivité… et proximité. Nous sommes également aujourd’hui le premier partenaire optique des mutuelles. Cela nous permet de contribuer à garantir à nos clients, en toute transparence, les meilleurs tarifs pour eux. 
 
En conclusion, comment définiriez-vous le rôle de l’opticien dans la santé visuelle des français ?
 
L’opticien est un partenaire essentiel de la santé des yeux du patient, qui est habilité à le conseiller et à réaliser certains actes. La délégation de tâches entre professionnels de la santé visuelle, qui commence à se mettre en œuvre, est d’ailleurs un axe très intéressant pour lutter contre les difficultés d’accès aux soins visuels. L’opticien est désormais en mesure de se charger des renouvellements de lunettes ou lentilles, dans un cadre précisément défini par la loi, et peut en adapter la correction, après examen du patient. Il peut aussi procéder à des délivrances exceptionnelles de verres en cas de perte ou de casse. C’est une solution simple et efficace pour désengorger les cabinets des médecins, tout en offrant un suivi et des prestations de qualités aux patients. Ce qui est dans l’intérêt de tous. Il faut, j’en suis convaincu, continuer à s’appuyer sur les compétences de nos opticiens, tout en les renforçant !
 




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