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La sécurité publique locale : passer de l'insécurité à la sécurité





Le 17 Septembre 2018, par La Rédaction

Relativement récente sur le plan communal, la thématique sécuritaire a connu, depuis une quinzaine d’années, une évolution rapide, notamment à cause d’une délinquance protéiforme, réactive ainsi que par la volonté des élus de la combattre.

Un ouvrage sur la sécurité publique locale, à l’usage des maires, des élus, des présidents de communautés de communes et des cadres en charge des questions de sécurité, récemment paru chez VA EDITIONS, marque la volonté de répondre aux désordres subis par la mise en place et l’utilisation systématique d’outils concrets et réactifs.


Quelques statistiques sur la délinquance :
 
Certains chiffres sont révélateurs :
489000 cambriolages ou tentatives et 631000 vandalismes de logements en France en 2015. Ce nombre est constant, ce qui ravit les vendeurs de serrures et d’alarmes…
 
L’Observatoire National de la Délinquance et de la Réponse Pénale (ONDRP) indique que le nombre des vols commis aux domiciles des particuliers reste très élevé en 2015 (7,2 %, en zone police et 4,7 % en zone gendarmerie sur un an).
 
Les délits frauduleux sur cartes bancaires ont carrément «explosé» en 6 ans : 1138200 :
 
À l’heure de la révolution numérique et des facilités de paiement par Internet, ce type de délit nouveau doit être pris en compte avec le plus grand discernement.
 
Autres chiffres clefs :
 
  • Victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part du conjoint ou ex-conjoint : 223 000 en 2015
  • Violences physiques ou sexuelles sur les femmes en dehors de leur foyer : 508 000 femmes
  • Vols avec violence : 186 000 en 2016
  • Injures, insultes en milliers (hors violences, menaces, vols et hors ménage) : 4 994 000 en 2016
  • Vols de véhicules : 238 000 (2016)
  • Homicides : 935 (2015),
  • Sentiment d’insécurité : 20,9 % des 14 ans ou plus ont confirmé qu’ils ressentaient de l’insécurité dans leur lieu de vie en 2017. On peut constater que ce sentiment est relativement constant depuis 2007.
 
Il conviendra tout de même de relativiser ces chiffres (globaux) au regard de la délinquance locale qui peut être très différente, d’une zone à l’autre ou d’une ville à une autre. On comprendra aisément que l’insécurité relevée dans les zones périurbaines est largement différente de celle relevée dans les zones rurales.
 
À ce titre, chaque élu local, chaque président de communauté de communes cherchera à analyser le plus finement possible les désordres qui l’impactent pour appliquer les meilleurs outils de prévention et de répression.
Un autre phénomène récurrent qui « pollue » les zones urbaines ou semi rurales est les attroupements d’individus se livrant au commerce illicite de produits stupéfiants et organisant ce qu’il est appelé dans le jargon judiciaire, «Le deal de rue» (commerce et vente de produits stupéfiants).
 
Parallèlement à la mise en lumière des chiffres de la délinquance, les progrès technologiques obtenus en termes de vidéoprotection et le développement du concept de prévention situationnelle ont aussi permis aux élus de s’adapter à cette délinquance pour mieux la réduire.
 
Le législateur a, en effet, souhaité accompagner activement les autorités territoriales, au plus près, avec la création « d’outils » légaux mis à leur disposition pour accomplir leurs prérogatives en matière de sécurité, de tranquillité publique et de lutte contre la délinquance.
 
L’objet de cet ouvrage s’appuie sur la volonté de proposer les solutions concrètes, facilement réalisables pour lutter contre l’insécurité et le sentiment d’insécurité qui peut en découler. Il conviendra donc de séparer ces deux notions (Insécurité et sentiment d’insécurité), car l’amalgame des deux conduit inévitablement à une lecture erronée de la situation.
 
L’insécurité est une notion concrète, précise et quantifiable, qui est mesurée mécaniquement, avec une grande précision à l’aide d’indicateurs (PN ou GN) liés aux infractions pénales.
 
Les infractions sont représentatives d’une délinquance réelle, mesurable et quantifiable mécaniquement.
Exemple des 4 grandes familles d’infractions prises en compte par la Gendarmerie Nationale et la Police Nationale pour le calcul des statistiques liées à la délinquance :
 
  • Les Atteintes Volontaires à l’Intégrité Physique (AVIP) :
  • Les Atteintes aux Biens (AB) :
  • Les Infractions Révélées par l’Activité des Services (IRAS) :
  • L’Insécurité Routière :
 
Il sera intéressant de connaître, dans ce type de statistiques, le ratio entre les faits constatés et les faits élucidés...
 
Grâce à ces données, les maires et/ou les autorités territoriales peuvent disposer (idéalement par tableau « Excel » transmis tous les mois) d’un état précis des infractions relevées sur leur territoire.
 
À ce titre, il sera fondamental que ces élus structurent, facilitent et entretiennent des relations étroites avec les forces de sécurité de l’État (Police Nationale ou de Gendarmerie Nationale) au travers d’une convention de coordination, de réunions spécifiques ou de groupes de travail issus des Conseils Locaux ou Intercommunaux de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD/CISPD).
 
Il appartiendra aux maires et aux élus de demander, tous les mois, les chiffres relatifs à la délinquance, avec un comparatif de l’année N-1, pour avoir une lecture précise de la délinquance de leur territoire.
 
Il s’agira enfin pour les maires, les élus ou présidents de communautés de communes d’être également prudents sur ces chiffres fournis. Même s’ils permettent d’avoir un aperçu de la délinquance, il n’en demeure pas moins que ces chiffres sont aussi susceptibles d’être manipulés...
 
«Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées...»  (Sir Winston Churchill)
 
Le sentiment d’insécurité :
 
Le sentiment d’insécurité, comme son nom le précise, est un ressenti personnel, une sensation propre à chacun d’entre nous. Par notre passé personnel, nos expériences personnelles, humaines ou professionnelles, nos « accidents de vie », nous possédons en nous des craintes et des peurs qui nous sont propres. Telle personne n’éprouvera aucune crainte à traverser un quartier « sensible » ou une rue dite « mal famée » alors qu’une autre personne éprouvera une angoisse plus ou moins grande et contrôlable.
 
Ce sentiment d’insécurité existe bien, prédomine (trop) souvent dans les rapports sociaux et il est primordial de ne pas le négliger. Néanmoins, il doit être absolument relativisé à la mesure des données concrètement relevées sur le terrain au risque d’avoir une lecture erronée de la situation.
 
Néanmoins, ce sentiment d’insécurité existe bel et bien en chacun de nous et devra être compris, pris en compte par les élus et les autorités. Il sera activement combattu grâce à certains outils d’accompagnement développés plus loin dans cet ouvrage.
 
Il s’agira donc de faire la distinction entre le sentiment d’insécurité et la délinquance de proximité. 
 



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