Journal de l'économie

Envoyer à un ami
Version imprimable

La suppression de l'ecotaxe coûtera au moins deux milliards d'euros.. Pour commencer





Le 10 Octobre 2014, par

Encore une reculade et un loupé de plus pour le gouvernement. La suspension sine die de la mise en oeuvre de l'écotaxe, prévue pour le 1er janvier 2015, à 72 heures d'un mouvement de grève des camionneurs, en dit long sur la capacité de l'exécutif à avancer. Une plaisanterie qui va coûter au moins deux milliards d'euros à l'Etat, donc, au contribuable.


La suppression de l'ecotaxe coûtera au moins deux milliards d'euros.. Pour commencer
L'Ecotaxe n'est pourtant pas à l'origine un projet de droite ou de gauche, puisque son principe avait été acté lors du Grenelle de l'environnement de 2009, et la loi l'instituant votée à une très large majorité à l'Assemblée. Les voix de droite, de gauche et même écologistes se mêlant pour l'occasion, une fois n'est pas coutume.

Des dizaines de portiques sont installés, Ecomouv, la société créée pour gérer la collecte a embauché 300 collaborateurs, mais non, on arrête tout, et tant pis pour les centaines de millions d'euros déjà gaspillés. 

Combien en fait ? Le chiffre de 800 millions d'euros circulait depuis quelques semaines, correspondant aux dépenses réalisées par Ecomouv pour se préparer à collecter l'ecotaxe, l'installation des portiques, et le manque à gagner sur cinq ans de la société concessionnaire. Mais en fait, la facture risque d'être beaucoup plus lourde. Ecomouv pourrait, selon certaines indiscrétions, réclamer au moins 1 milliard d'euros d'indemnités pour rupture abusive du contrat entre la société et l'Etat. Contrat qui dans les faits n'a jamais produit ses effets. A ce milliard viendraient s'ajouter le coût du démantèlement des infrastructures déjà en place, principalement les fameux portiques ecotaxe. Quant on sait que l'entretien et la réparation des portiques endommagés ou détruits par les manifestants, notamment en Bretagne, aurait coûté déjà 200 à 250 millions d'euros, le compteur s'emballe. 

Mais l'écotaxe, aujourd'hui, une sortie d'argent, devait à l'origine être une rentrée ! Le budget 2014, avant que l'ecotaxe ne soit ajournée, prévoyait 1,15 milliard d'euros de recettes, dont 800 millions pour l'Etat, le reste dans la poche du concessionnaire pour financer la collecte et amortir les équipements financés par lui. 
Au final, entre l'argent qui ne rentrera pas grâce à l'ecotaxe, les équipements à démanteler, les salariés d'Ecomouv à licencier ou reclasser, le chiffre d'affaires non réalisé à compenser pour Ecomouv, la facture totale pourrait dépasser les 2 milliards d'euros. 

Une fois pour toute ? Tant qu'une recette de substition n'aura pas été trouvée pour remplacer l'ecotaxe, qui devait servir à financer la construction à la réparation d'infrastructures de transport... le compteur continuera à tourner. Nul doute que les sociétés concessionnaires d'autoroute ne se laisseront pas taxer - elles aussi disposent de contrats de concessions très complets et cadrés - sans réagir ! 



Jean-Baptiste Giraud
Jean-Baptiste Giraud est journaliste économique, passé par Radio France, BFM, LCI, TF1 et... En savoir plus sur cet auteur


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Le JDE promeut la liberté d'expression, dans le respect des personnes et des opinions. La rédaction du JDE se réserve le droit de supprimer, sans préavis, tout commentaire à caractère insultant, diffamatoire, péremptoire, ou commercial.

France | International | Entreprises | Management | Lifestyle | Blogs de la rédaction | Divers | Native Advertising







Les entretiens du JDE

Les entretiens du JDE

Entretien avec Ignacio de la Torre : "Nous vivons le début de la fin de « l’argent bon marché » !"

Fabrice Lépine, DG de Wonderbox : "Nos partenaires sont les premiers ambassadeurs de notre marque"

Vincent Stellian, président de Quietalis : « Nos clients et nos partenaires nous font confiance parce que nous sommes indépendants »

Citelum veut "prolonger la vie au-delà de la tombée de la nuit." Jean-Daniel Le Gall, directeur général adjoint.

Agriculture : le printemps européen du ministre Stéphane Travert

Olivier Maes, le monde comme territoire de marque.

Homelike Home, la Dream Team de la chasse immobilière en France

Mode : la vraie révolution digitale a juste démarré
















Rss
Twitter
Facebook