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Le Nouveau Timonier de la Chine et la Figure de Jupiter de la France





Le 10 Juin 2019, par Mathilde Aubinaud et Philippe Branche

Le Président Xi et le Président Macron. Le nouveau Timonier et le grand Jupiter. Si l’appellation est unique en français, elle est traduite de deux manières en chinois. Le Président chinois se dit 主席 - chairman, le président français s’écrit, quant à lui, 总统. À l’image de cette simplification qu’opère la traduction d’un même terme, l’amalgame est facile lorsque l’on parle de politique. Retour pour la Revue Politique et Parlementaire sur l’origine des surnoms politiques du Président Xi et du Président Macron à partir du livre – mieux comprendre la Chine.


Le Nouveau Timonier de la Chine et la Figure de Jupiter de la France
Le nouveau Timonier de la Chine

Le Nouveau Timonier. Un mot qui évoque « Le Grand Timonier », qui désigne Mao Zedong avec l’image de l’homme de barre aux commandes de la Chine imaginée, par analogie, comme étant une sorte de grand navire. L’homme qui donne un cap au pays. Depuis l’arrivée du Président Xi, le nouveau Timonier souhaite mettre en avant « un grand renouveau de la nation », soit un socialisme à la chinoise. « Le XVIIIe Congrès du Parti insiste sur la nécessité de lever haut l’étendard du socialisme à la chinoise, et de chérir, poursuivre et continuellement développer le socialisme à la chinoise acquis essentiel du Parti et du peuple après 90 ans de lutte, de création et d’accumulation » affirme Xi Jinping (1) .

Pour le Nouveau Timonier, les élèves se doivent d’apprendre les valeurs du communisme dans le but d’éviter «toute fausse information ». Aussi, des instituts de recherche sur la pensée de Xi Jinping ont été mis en place au sein des facultés. Une représentation du pouvoir très incarnée qui n’est pas si éloignée de celle de la France.

La longue marche de Macron

Jupiter. Un mot associé, dans l’imaginaire collectif à Emmanuel Macron. Loin du quotidien des humains, mais visible de tous, cette figure à part accumule tous les superlatifs. Aussi, rapidement, alors candidat à la fonction suprême Emmanuel Macron est qualifié de « jupitérien ». Il souhaite ainsi régner sur l’Olympe pour montrer la verticalité qu’il entend imposer en rupture avec son prédécesseur, François Hollande qui se revendique, lui, comme figure tutélaire de la normalité.

L’important est d’imprimer sa vision en tant que chef de l’État sans se laisser dépasser. Alors que maladresses et incompréhensions se multiplient, il se doit de rejoindre l’arène et cela de façon frontale. À l’opposé la figure de Xi est omniprésente. Et il est difficile de déceler les tenants et aboutissants à l’intérieur du parti. Tant pour un Occidental que pour un chinois. Une chose est cependant certaine. La vision positive permanente qui transparaît bien dans les médias.

Un point commun : deux hommes de lettres

Les deux Présidents ont des similitudes : l’amour des belles lettres Xi Jinping définit la littérature comme l’un de ses principaux loisirs. Xi raconte son lien aux livres : « À présent, le seul loisir que je peux fréquemment me permettre est celui de la lecture, qui est devenu un mode de vie pour moi. La lecture tonifie mon esprit, me donne de l’inspiration et cultive ma moralité. J’ai lu beaucoup d’écrivains russes tels qu’Ivan Krylov, Alexandre Pouchkine, Nikolaï Gogol, Mikhaïl Lermontov, Ivan Turgenev, Fiodor Dostoïevski, Nikolï Nekrassov, Nikolay Chernyshevsky, Léon Tolstoï, Anton Tchekhov et Mikhaïl Cholokhov. Je me souviens précisément de chapitres et histoires de leurs ouvrages » (2) .  Il cite, en effet, à chaque voyage les grands noms des Lettres des pays qu’il visite. À tel point qu’on vient même à remarquer quand le président oublie un auteur, comme Matteo Ricci lors de son dernier voyage en Italie en mars 2019. Autrement dit, même si les deux présidents exercent dans des régimes de nature différente, la littérature semble être un pont qui les rejoint.

La communication politique est, aujourd’hui, planifiée et coordonnée en Chine et marquée par une teneur toujours positive. Peu de place est laissée au hasard. Dans certaines périodes, cristallisant l’attention, les médias majoritaires et grand public ont une portée considérable. L’ensemble de l’analyse pour être retrouvé dans le livre, Mieux comprendre la Chine qui rend compte de nombreux enjeux économiques, politiques, sociétaux et culturels de l’appréhension de la Chine d’aujourd’hui.
 
[1] Première séance d’étude du Bureau politique du XVIIIe Comité central du Parti le 17 novembre 2012
[2] interview exclusive pour une chaîne de télévision russe, le 7 février 2014




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