Journal de l'économie

Envoyer à un ami
Version imprimable

Monsanto condamné pour l'usage du glyphosate dans ses produits





Le 13 Août 2018, par Olivier Sancerre

C'est une première et une grande victoire pour les opposants au glyphosate. La justice californienne a condamné le géant de l'agrochimie à verser 290 millions de dollars de dommages et intérêts à un jardinier atteint d'un cancer.


Dewayne Johnson, 46 ans, est atteint d'un cancer incurable du système lymphatique. Une maladie due selon lui à l'utilisation intensive de Roundup et de sa version professionnelle, le RangerPro, pendant sa carrière de jardinier. Il ignorait alors tout des dangers du glyphosate, et il estime que Monsanto a sciemment caché la dangerosité de ce produit chimique. Le tribunal de San Francisco a entendu sa plainte et a condamné l'entreprise au versement de 290 millions de dollars et intérêts à Dewayne Johnson. Ce jugement confirme aussi et surtout que le glyphosate a contribué « considérablement » à la maladie du plaignant.

Mais Monsanto n'entend pas en rester là. Le groupe, propriété de Bayer, va faire appel de la décision. L'entreprise s'appuie sur « 800 études scientifiques » et sur les « conclusions de l'agence américaine sur la protection de l'environnement » pour affirmer que le glyphosate ne cause pas le cancer. Par conséquent, le produit n'est pas non plus à l'origine de la maladie de Dewayne Johnson, dont les avocats ont promis d'aller « jusqu'au bout » pour obtenir réparation. Bayer, qui a mis 63 milliards de dollars sur la table pour acquérir Monsanto, est bien sûr sur la même ligne de défense.

Ce jugement va en tout cas galvaniser les opposants au glyphosate. Il y a aux États-Unis plusieurs milliers de procédures contre Monsanto, et le débat fait rage partout ailleurs dans le monde, y compris en Europe. On s'y interroge sur l'interdiction pure et simple du glyphosate, et au vu de cette décision américaine, il est probable que l'on s'en approche de plus en plus.



Tags : Monsanto

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Le JDE promeut la liberté d'expression, dans le respect des personnes et des opinions. La rédaction du JDE se réserve le droit de supprimer, sans préavis, tout commentaire à caractère insultant, diffamatoire, péremptoire, ou commercial.

France | International | Entreprises | Management | Lifestyle | Blogs de la rédaction | Divers | Native Advertising | Juris | Art & Marché | Billets d'humeur | Industrie immobilière | Intelligence et sécurité économique - "Les carnets de Vauban"













Rss
Twitter
Facebook