Anthropic frôle les 1000 milliards de capitalisation

Cette série H a été menée par un consortium d’investisseurs de première ligne, conduit par Altimeter Capital, Dragoneer, Greenoaks et Sequoia Capital.

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Anthropic frôle les 1000 milliards de capitalisation © journaldeleconomie.fr

Anthropic vient de lever 65 milliards de dollars en série H, atteignant une valorisation de 965 milliards de dollars qui la propulse au rang des entreprises privées les plus valorisées au monde. Cette opération positionne la start-up spécialisée en intelligence artificielle devant OpenAI et ouvre la voie à une introduction en bourse imminente.

Anthropic franchit un cap historique avec une valorisation de 965 milliards de dollars

Anthropic vient de réaliser l’une des opérations de financement les plus spectaculaires de l’histoire de la technologie en levant 65 milliards de dollars lors de sa série H, propulsant sa valorisation post-money à 965 milliards de dollars. Cette opération d’une ampleur sans précédent hisse la start-up spécialisée en intelligence artificielle au rang des entreprises privées les plus valorisées de la planète, à quelques encablures seulement du seuil symbolique — et bientôt inévitable — des mille milliards de dollars.

L’appétit des investisseurs pour les technologies d’intelligence artificielle n’a jamais semblé aussi dévorant. Cette valorisation représente, selon le New York Times, plus du double de celle atteinte en février dernier, lorsque l’entreprise était estimée à 380 milliards de dollars — une progression qui témoigne de la vitesse vertigineuse à laquelle se reconfigure le paysage de l’IA générative.

L’engouement autour d’Anthropic s’explique en grande partie par les performances remarquables de son assistant Claude Code, dont l’adoption s’accélère au sein des plus grandes organisations mondiales. La société a par ailleurs franchi un seuil décisif ce mois-ci en annonçant un chiffre d’affaires annualisé dépassant 47 milliards de dollars, contre 10 milliards enregistrés l’année précédente — une progression qui laisse sans voix jusqu’aux analystes les plus optimistes du secteur.

Une levée de fonds orchestrée par les géants de l’investissement

Cette série H a été menée par un consortium d’investisseurs de première ligne, conduit par Altimeter Capital, Dragoneer, Greenoaks et Sequoia Capital. Le tour de table réunit également des acteurs majeurs tels que Capital Group, Coatue, D1 Capital Partners, GIC, ICONIQ et XN. Parmi les participants figurent des institutions de gestion d’actifs comme Baillie Gifford et Blackstone, des investisseurs institutionnels de long terme tels que Fidelity Management & Research Company et T. Rowe Price, des fonds de capital-risque spécialisés dans la technologie comme DST Global et General Catalyst, ainsi qu’Amazon, qui avait déjà pris un engagement préalable de 5 milliards de dollars dans la société.

Krishna Rao, directeur financier d’Anthropic, a résumé l’ambition portée par cette levée avec une clarté désarmante : « Cette opération nous permettra de répondre à la demande historique que nous connaissons, de rester à la pointe de la recherche et d’étendre Claude aux nouveaux environnements de travail. »

Des partenaires stratégiques pour soutenir l’expansion

Au-delà des capitaux, le tour de table intègre des partenaires stratégiques déterminants pour l’infrastructure technologique. Samsung, SK Hynix et Micron rejoignent l’opération, apportant leur maîtrise des technologies de mémoire, de stockage et de puces logiques — des composantes désormais au cœur de la course à la puissance de calcul. Ces alliances industrielles s’avèrent cruciales pour absorber une demande en capacité computationnelle qui ne cesse de s’emballer.

Dans cette même logique d’expansion infrastructurelle, Anthropic a considérablement renforcé ses capacités de calcul ces dernières semaines. La société a conclu des accords avec Amazon pour jusqu’à cinq gigawatts de nouvelle capacité, avec Google et Broadcom pour cinq gigawatts de capacité TPU de nouvelle génération, et avec SpaceX pour l’accès aux GPU des clusters Colossus 1 et 2 — un déploiement de ressources qui illustre l’échelle industrielle désormais requise pour rivaliser au sommet de l’IA.

Anthropic dépasse OpenAI dans la course à la valorisation

Cette levée de fonds place Anthropic devant son principal rival : OpenAI, valorisé à 852 milliards de dollars lors de son tour de table de mars dernier, au terme duquel il avait levé 122 milliards de dollars. Avec 965 milliards, Anthropic prend une longueur d’avance dans ce duel qui structure désormais l’ensemble du secteur de l’intelligence artificielle générative.

Brad Gerstner, fondateur et PDG d’Altimeter Capital, ne dissimule pas son enthousiasme : « Les dernières avancées de Claude ont généré une adoption à grande échelle parmi les organisations les plus exigeantes au monde. Cette dynamique positionne Anthropic pour mener la prochaine phase d’innovation en IA. » Une conviction que les marchés secondaires semblent partager sans réserve : selon la plateforme Hiive, le prix des actions Anthropic a bondi de 211 % sur trois mois, atteignant environ 900 dollars l’action.

Cette rivalité s’intensifie dans un contexte où les deux entreprises se préparent activement à leur introduction en bourse respective, transformant chaque annonce de valorisation en signal envoyé aux marchés publics autant qu’aux investisseurs privés. À ce sujet, on lira avec intérêt comment Claude Mythos a récemment inquiété la BCE, illustration des tensions qui accompagnent la montée en puissance d’Anthropic sur la scène institutionnelle européenne.

L’IPO d’Anthropic se profile à l’horizon

Cette levée de fonds pourrait bien marquer la dernière étape de la vie privée d’Anthropic, fondée en 2021 par d’anciens dirigeants d’OpenAI, avant son entrée sur les marchés publics dans un contexte particulièrement porteur. L’introduction en bourse de la société s’inscrit dans une vague d’IPO attendues dans le secteur, à laquelle participera également OpenAI. SpaceX, de son côté, vise une valorisation de 2 000 milliards de dollars lors de son propre débouement boursier, après sa fusion avec xAI d’Elon Musk.

Neil Mehta, fondateur et associé directeur de Greenoaks, résume ce qui fait la singularité d’Anthropic aux yeux des investisseurs de long terme : « Anthropic a construit une organisation où les meilleurs chercheurs et ingénieurs du monde opèrent avec une clarté de mission inégalée. » Cette culture d’entreprise, adossée à un momentum commercial d’une rare intensité, constitue un argument de poids à l’heure d’affronter les exigences de la cotation publique.

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