Exactement un an après la cyberattaque massive de Bouygues Telecom qui a exposé les données de 6,4 millions de clients, ces informations volées ressurgissent sous forme d’une nouvelle vague d’arnaque au phishing. Le 14 août 2026, des milliers d’abonnés ont reçu un faux avis de prélèvement Classplus Pro de 69,90 euros affichant leur véritable IBAN. Cette réexploitation progressive révèle une réalité inconfortable : les conséquences d’une fuite de données se prolongent bien au-delà de la découverte initiale.
Comment 6,4 millions de données deviennent une arme contre les clients
En août 2025, Bouygues Telecom subissait l’une des plus importantes cyberattaques de l’année en France. Les pirates informatiques s’emparaient alors des noms, prénoms, adresses électroniques, mais surtout des IBAN et BIC de 6,4 millions de clients. L’opérateur notifiait immédiatement la CNIL et déposait plainte auprès des autorités judiciaires. Pourtant, douze mois plus tard, ces données alimentent toujours les campagnes criminelles.
Après la cyberattaque d’août 2025, les premiers signes d’utilisation des données apparaissent en juin 2026 avec de fausses factures Amazon Prime. Juillet 2026 voit arriver une deuxième vague ciblant les mêmes victimes avec un prétendu abonnement Cellcast Vidéos. Le 14 août 2026, vendredi matin, démarre la campagne Classplus. Toutes affichent le même montant de 69,90 euros et exploitent les mêmes fichiers volés douze mois auparavant.
Cette succession d’arnaques démontre que les cybercriminels testent différentes identités usurpées sur le même vivier de victimes. Chaque vague permet d’affiner les techniques et d’identifier les profils les plus vulnérables. Les données volées circulent probablement sur le dark web, revendues à plusieurs groupes qui les exploitent indépendamment.
Pourquoi les données de Bouygues restent si précieuses pour les criminels
L’affichage du véritable IBAN constitue le cœur de cette arnaque sophistiquée. Les escrocs misent sur l’effet de sidération provoqué par la vue de ses propres coordonnées bancaires dans un message inattendu. Pourtant, comme le rappelle Iphon.fr, « un IBAN seul ne suffit pas à réaliser un prélèvement sur votre compte bancaire. Un prélèvement SEPA exige un mandat, une autorisation signée, dont les pirates informatiques ne disposent pas. »
Le véritable objectif se cache derrière le bouton « Contester ce prélèvement ». Ce lien redirige vers un site frauduleux conçu pour récupérer les identifiants bancaires complets, codes de sécurité et autres informations sensibles. Les victimes, convaincues par la présence de leur IBAN réel, baissent leur garde et saisissent volontairement leurs données confidentielles. Le délai de sept jours mentionné dans le message crée une pression temporelle qui favorise les décisions impulsives.
La répétition des campagnes sur trois mois consécutifs révèle une exploitation industrielle des données de Bouygues. Chaque vague cible potentiellement les mêmes 6,4 millions de personnes, en variant simplement le service prétendument souscrit. Amazon Prime, Cellcast Vidéos, Classplus Pro : les noms changent, mais le montant de 69,90 euros et la mécanique restent identiques.




