Arrêts de travail : les médecins généralistes face à l’Assurance maladie




Le 19 Juin 2023, par Paolo Garoscio

La récente campagne de contrôles de l'Assurance maladie sur les arrêts de travail suscite l'inquiétude parmi les médecins généralistes, et notamment l’un des syndicats les plus représentatifs de la profession, MG France. Cette situation met une nouvelle fois en lumière les tensions entre les professionnels de santé et l'Assurance maladie.


Une campagne de contrôles qui fait débat

La campagne de contrôles lancée par l'Assurance maladie a été qualifiée de "brutale" par MG France, le syndicat des médecins généralistes. Selon le syndicat, des lettres menaçantes ont été envoyées aux médecins, les mettant sous pression pour réduire le nombre de prescriptions d'indemnités journalières. Ces lettres ont été perçues comme une menace par de nombreux médecins, qui se sentent pris pour cible par l'Assurance maladie.

L'Assurance maladie, quant à elle, justifie ces contrôles par la nécessité de surveiller les médecins qui prescrivent des arrêts de travail bien au-delà de la moyenne nationale. Elle affirme que cette campagne de contrôles n'est pas plus massive qu'auparavant, mais reconnaît qu'elle est la première depuis la crise sanitaire, ce qui pourrait expliquer la surprise des médecins.

Les médecins généralistes, des boucs émissaires ?

MG France, dans le communiqué de presse publié le 16 juin 2023, s'interroge sur les véritables raisons de l'augmentation des arrêts de travail. Le syndicat se demande si cette hausse est due à un changement de pratiques médicales ou si elle est liée à des facteurs sociétaux, tels que le vieillissement de la population et les pressions sur la productivité. Le syndicat déplore que les médecins généralistes soient utilisés comme des "boucs émissaires", alors qu'ils sont déjà confrontés à de nombreuses contraintes, notamment une baisse de leurs effectifs et des lois de plus en plus coercitives.

MG France souligne également que la pression actuelle sur les médecins généralistes est telle qu'il est difficile de les soupçonner de complaisance envers des patients exigeants. Le syndicat condamne fermement cette politique de mise en cause très large de la profession, qu'il considère comme une pression psychologique supplémentaire et inutile.

Néanmoins, les augmentations des arrêts de travail sont réelles en France, et posent également question. Le Medef a par ailleurs souligné l’inquiétude des entreprises à ce sujet, alors que le recrutement est compliqué.