Publié le 8 avril 2025, le dernier Observatoire Transaction & Location de Guy Hoquet l’Immobilier, en partenariat avec YouGov, dresse un état des lieux précis du marché immobilier français au premier trimestre 2025. L’étude met en lumière un retournement de tendance partiel après une année 2024 marquée par une forte contraction de l’activité. L’évolution des prix, l’accessibilité au financement et les arbitrages opérés par les ménages révèlent un marché en recomposition, sur fond de tensions structurelles et d’incertitudes économiques persistantes.
Une baisse des prix modérée, reflet d’une relance prudente
Le recul des prix dans l’ancien atteint -1,7 % sur un an au 1er trimestre 2025, selon les données issues de l’analyse Guy Hoquet – YouGov. Cette évolution fait suite à une période de stabilisation au second semestre 2024. Ce léger ajustement à la baisse contraste avec les hausses observées les années précédentes, notamment dans les métropoles, et constitue un levier de redynamisation de la demande, dans un contexte de solvabilité affaiblie.
Cependant, cette inflexion ne traduit pas un renversement de cycle. Elle reste modeste et inégalement répartie. À Strasbourg (-5,6 %), Aix-en-Provence (-5,1 %) ou Angers (-3,8 %), les corrections sont notables, mais dans d’autres bassins comme Toulon (+5,4 %), Paris (+2,3 %) ou Le Havre (+2,7 %), les prix poursuivent leur progression. Ces disparités traduisent l’importance croissante des facteurs locaux (emploi, infrastructures, attractivité universitaire ou touristique) dans l’évolution des marchés.
Taux d’intérêt, crédit immobilier et arbitrages financiers
Le marché bénéficie également d’une détente des conditions de financement. En février 2025, les taux de crédit immobilier se sont établis à 3,19 % selon l’Observatoire Crédit Logement, soit leur niveau le plus bas depuis deux ans. Cette baisse améliore mécaniquement la capacité d’emprunt des ménages.
Pourtant, seuls 63 % des porteurs de projet déclarent souhaiter recourir à un prêt immobilier, soit une baisse de 8 points par rapport à janvier 2024. Cette évolution souligne une réorientation des stratégies de financement, où les apports personnels jouent un rôle plus déterminant, souvent nourris par les donations intrafamiliales ou les réallocations patrimoniales.
L’ajustement de la politique publique y contribue également. Le prêt à taux zéro (PTZ) a vu son périmètre élargi, tandis que des incitations fiscales renforcées sur les transmissions familiales encouragent les projets adossés à une aide intergénérationnelle. Dans le même temps, la baisse des aides à la rénovation et la hausse des frais d’acquisition freinent certaines intentions.
Évolution de la demande : entre renoncements et repositionnements
Les choix des ménages évoluent sous la pression des contraintes économiques. D’après l’étude, 75 % des futurs acquéreurs placent désormais le prix d’achat comme critère principal, contre 67 % un an plus tôt. Cette donnée révèle une hiérarchisation plus stricte des priorités, au détriment des caractéristiques de confort.
Ainsi, la présence d’un extérieur, historiquement en tête des critères, recule de 6 points, tandis que le calme et la surface habitable perdent respectivement 1 point et 2 points. Cette rationalisation de la demande témoigne d’un retour aux fondamentaux économiques : accessibilité du bien, localisation, prix au mètre carré.
La tension sur les délais de vente, en hausse de 4 jours en un an (105 jours en moyenne au T1 2025), incite par ailleurs les vendeurs à systématiser le recours à des professionnels pour sécuriser les transactions, dans un environnement plus incertain.
