Réforme des retraites : 1 Français sur 2 demande le départ à 60 ans

Si la réforme de 2023 est juridiquement établie et en cours de mise en œuvre, l’opinion publique continue de lui être défavorable dans sa configuration actuelle.

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Deux ans après l’adoption de la réforme repoussant l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans, l’opinion publique française reste largement opposée à cette mesure. Selon un sondage Ifop réalisé pour la CGT entre le 2 et le 4 avril 2025 sur un échantillon représentatif de 2 023 personnes, une majorité des Français continue de réclamer un retour à 62 ans. Ce rejet s’accompagne d’une volonté marquée de voir explorées d’autres pistes de financement pour garantir la pérennité du système.

Retraite : Une nette préférence pour un retour à 62 ans

D’après les résultats de l’enquête, 61 % des Français souhaitent un retour de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans. À l’opposé, 34 % souhaitent le maintien de l’âge actuel à 64 ans, tandis que seulement 5 % envisagent une augmentation supplémentaire. Par ailleurs, une part significative de la population va plus loin : 56 % des répondants soutiennent l’idée d’un retour à 60 ans comme âge de départ à la retraite.

Selon le même sondage, 68 % des Français se déclarent favorables à l’organisation d’un référendum sur l’abrogation de la réforme. En cas de scrutin, 65 % voteraient pour son annulation. Il y a donc un besoin de revalidation démocratique de la réforme, perçue comme insuffisamment concertée. Le recours au 49.3 en mars 2023 reste un marqueur fort du rejet de cette réforme dans l’opinion.

La pénibilité et la faisabilité du travail jusqu’à 64 ans : des doutes importants

Les résultats du sondage mettent également en évidence une perception de déconnexion entre les réalités du terrain et la logique de la réforme. 54 % des actifs considèrent qu’ils ne pourront pas travailler à temps plein jusqu’à 64 ans, un chiffre qui grimpe à 60 % chez les femmes et 66 % chez les ouvriers. En outre, 43 % des salariés du secteur privé estiment qu’ils seront probablement licenciés avant d’atteindre cet âge.

L’enquête aborde également les pistes de financement alternatives, perçues comme plus équitables. Plusieurs mesures obtiennent une approbation massive de la population :

  • 86 % des personnes interrogées soutiennent l’égalité salariale femmes/hommes comme levier d’augmentation des cotisations.
  • 82 % approuvent la taxation des dividendes versés aux actionnaires.
  • 80 % soutiennent une hausse générale des salaires soumise à cotisation.
  • 78 % sont favorables à une augmentation d’un point des cotisations patronales.
  • 65 % soutiennent l’idée d’élargir l’assiette des cotisations à d’autres formes de rémunération comme les primes ou l’intéressement.

Si la réforme de 2023 est juridiquement établie et en cours de mise en œuvre, l’opinion publique continue de lui être défavorable dans sa configuration actuelle. Le souhait d’un retour à 62 ans, la méfiance vis-à-vis de la soutenabilité professionnelle jusqu’à 64 ans et la forte adhésion à des leviers alternatifs indiquent que le débat n’est pas clos.

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