Après avoir été placé en redressement judiciaire en octobre 2025, conséquence directe de l’effondrement du marché de l’immobilier qui a fait chuter les ventes de gros électroménager, le groupe voit émerger une solution inattendue mais porteuse d’espoir : la reprise de l’industrie par ses propres salariés. Ce projet de SCOP, véritable plan de relance interne, permettrait de préserver environ 300 emplois et de maintenir en activité deux usines clés, l’une près d’Orléans, l’autre près de Vendôme. L’État, alerté par cette situation critique a annoncé soutenir pleinement l’initiative et se dit prêt à investir 5 millions d’euros, aux côtés des élus locaux. Cette affaire rappelle celle de Duralex, autre fleuron industriel français fragilisé par la concurrence internationale et la crise énergétique, qui a été sauvé grâce à un prêt public de 15 millions d’euros avant de renaître sous forme de SCOP grâce à une levée de fonds. Brandt pourrait donc, à son tour, transformer une période critique en nouveau départ si ses salariés parviennent à reprendre les commandes de leur avenir. Mais l’issue reste incertaine : ce mercredi matin, le tribunal des affaires économiques de Nanterre a mis en délibéré sa décision sur l’avenir du groupe, a précisé le maire d’Orléans, Serge Grouard. Salariés et élus restent dans l’attente, mais conservent l’espoir d’une issue favorable.
Cette situation pose une question essentielle : celle de la survie et de la compétitivité de l’industrie française dans une véritable guerre économique mondiale. Brandt et Duralex, deux fleurons industriels confrontés à la concurrence internationale et aux crises économiques et énergétiques, montrent que la France ne peut pas se permettre de laisser disparaître ses savoir-faire historiques. La réussite de leur reprise en SCOP ne serait pas seulement un moyen de sauver des emplois et des usines. Elle serait aussi un levier pour renforcer la résilience de notre industrie, préserver sa capacité d’innovation et contribuer à maintenir une partie de la production industrielle sur le territoire. Dans un contexte où chaque décision peut peser sur la compétitivité et la souveraineté industrielle, ces exemples soulignent l’importance de soutenir et de réinventer les entreprises françaises pour qu’elles puissent affronter les défis de la concurrence mondiale.
Pour comprendre les logiques qui structurent aujourd’hui les rapports de force entre puissances, le livre La guerre économique au XXIᵉ siècle de Christian Harbulot, pionnier de l’intelligence économique en France publié chez VAÉditions, offre des repères indispensables.
L’auteur y décrit comment la concurrence mondiale ne repose plus seulement sur les prix ou la productivité, mais sur des stratégies d’influence, de domination des acteurs sur les marchés ou encore de pression sur les chaînes de valeur. Il montre également comment les entreprises peuvent se retrouver fragilisées lorsqu’elles évoluent dans un environnement international marqué par des coûts de production inférieurs, l’émergence de puissances industrielles offensives et les tensions géoéconomiques permanentes.
Un ouvrage précieux pour éclairer les dynamiques qui pèsent aujourd’hui sur les industries françaises et offrir des clés de compréhension pour appréhender les défis actuels auxquels sont confrontés entre autres, des acteurs comme Duralex ou Brandt.




