Santé publique : le CNCT cible la promotion du vapotage

La publicité pour le vapotage est autorisée uniquement sous une forme limitée, à l’intérieur du point de vente, via une affiche informative qui ne doit pas être visible depuis l’extérieur.

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Publicité, arômes attractifs, vente en ligne : le vapotage cristallise les critiques du Comité national contre le tabagisme. L’association accuse buralistes et boutiques spécialisées de contourner la loi, dans un contexte où le tabagisme demeure responsable de dizaines de milliers de morts chaque année en France.

Vapotage : plus d’un commerce sur deux en infraction selon le CNCT

Le 19 février 2026, le Comité national contre le tabagisme (CNCT) a publié les résultats d’une enquête nationale consacrée au vapotage. L’association s’appuie sur une opération « client mystère » menée dans 600 points de vente répartis sur le territoire, dont environ deux tiers de buralistes et un tiers de boutiques spécialisées.

Les chiffres avancés sont élevés. Selon l’enquête relayée par Upday, 55 % des buralistes et 56 % des magasins spécialisés dans le vapotage seraient en infraction avec la réglementation encadrant la publicité des produits de vapotage.

Or, la loi française est stricte. La publicité pour le vapotage est autorisée uniquement sous une forme limitée, à l’intérieur du point de vente, via une affiche informative qui ne doit pas être visible depuis l’extérieur. Pourtant, selon le CNCT, les produits de vapotage seraient « vantés par des supports promotionnels » qui s’éloignent largement de cette affichette réglementaire, souligne Nice-Matin.

Le grief est double. D’une part, l’association dénonce un non-respect formel de la réglementation. D’autre part, elle estime que ces pratiques participent à une normalisation du vapotage, en particulier auprès des jeunes publics.

Publicité pour le vapotage : banalisation et confusion des produits nicotinés

Le CNCT reproche aux points de vente de transformer l’espace commercial en vitrine attractive pour le vapotage. Présentoirs visibles, mises en avant de nouveaux dispositifs, univers colorés associés aux arômes : selon l’association, ces pratiques dépassent le cadre informatif autorisé.

Toujours d’après Upday, le CNCT estime que ces démarches « contribuent à banaliser » ces produits. Pour une organisation engagée dans la lutte contre le tabagisme, le risque est clair : faire passer le vapotage pour un produit de consommation courante, détaché de la problématique de dépendance à la nicotine.

L’association pointe également d’autres manquements. Selon Nice-Matin, 13 % des buralistes contrôlés présenteraient des publicités pour des produits du tabac, alors que la publicité pour le tabac est totalement interdite en France. De plus, 22 % feraient la promotion de sachets de nicotine, également considérée comme illégale par le CNCT.

Pour le CNCT, le problème dépasse donc le seul vapotage. Il s’agit d’un écosystème commercial où différents produits nicotinés cohabitent et sont parfois promus de manière ambiguë. Cette confusion brouille les messages de santé publique, surtout dans un pays où le tabac reste la première cause de mortalité évitable.

Vapotage en ligne : 587 publicités recensées en 2025

Le CNCT étend ses critiques au numérique. En 2025, 587 encarts publicitaires en ligne auraient été recensés par l’association. Parmi les infractions observées sur Internet, 63 % concerneraient des produits de vapotage. L’organisation note toutefois une baisse globale de la publicité en ligne pour les produits du tabac : –12 % par rapport à 2024 et –45 % depuis 2023. Néanmoins, pour le CNCT, cette diminution ne doit pas masquer la dynamique propre au vapotage, qui concentrerait désormais la majorité des infractions numériques.

L’enjeu est sensible. Les campagnes en ligne peuvent toucher un public large, y compris des mineurs. Dans ce contexte, l’association plaide pour un durcissement des contrôles et des sanctions. Elle appelle explicitement à « renforcer le cadre réglementaire ». Parmi les mesures demandées figurent l’instauration d’un conditionnement neutre pour les produits concernés, l’interdiction de la vente en ligne des produits de vapotage et la suppression des arômes jugés attractifs. L’objectif affiché est de limiter l’attrait marketing, notamment auprès des plus jeunes.

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