La présence de militants de la Jeune Garde lors de la venue de Rima Hassan à Lyon, le soir des affrontements ayant conduit à la mort de Quentin, soulève une question politique sensible : celle du rôle réel joué par ce groupe militant dans la sécurisation d’événements liés à La France insoumise. Plusieurs enquêtes de presse ont déjà évoqué l’utilisation ponctuelle de la Jeune Garde comme service d’ordre lors d’événements insoumis. La présence sur place de personnes liées à l’entourage parlementaire de Raphaël Arnault, comme son assistant Jacques-Elie Favrot, nourrit l’hypothèse d’une coordination informelle. Sans préjuger des conclusions judiciaires, il apparaît légitime de s’interroger sur l’existence d’échanges préalables et sur la nature, militante ou organisationnelle, de cette présence.
Des précédents documentés d’interventions sécuritaires militantes
La question du rôle sécuritaire de la Jeune Garde n’émerge pas avec les événements de Lyon. Plusieurs sources de presse ont déjà mentionné la participation de militants de ce groupe à l’encadrement de réunions politiques liées à La France insoumise ou à des figures proches du mouvement. Le cas le plus souvent cité demeure celui d’un meeting de Rima Hassan au printemps 2024 où, selon des révélations journalistiques reprises par plusieurs synthèses politiques, des militants de la Jeune Garde auraient assuré l’encadrement de la réunion. Si ces épisodes n’ont jamais donné lieu à une reconnaissance officielle de collaboration structurée, ils ont contribué à installer l’idée d’une relation fonctionnelle ponctuelle entre certains réseaux militants antifascistes et l’écosystème insoumis. Cela n’aurait rien d’étonnant car de nombreuses formations politiques ont fait appel à des gros bras peu recommandables pour assurer leur sécurité. Dans ce contexte, la question est vraiment de savoir si la jeune garde le jour du drame ne faisait pas partie du service d’ordre convié.
Le soir du drame : une présence qui interroge
La présence de membres identifiés de la Jeune Garde lors de la venue lyonnaise de Rima Hassan ne peut donc être analysée isolément. Plusieurs témoins ont indiqué avoir vu des militants escorter la candidate. Pris séparément, ces témoignages ne suffisent pas à établir un dispositif de sécurité organisé. Mais replacés dans le contexte d’un service d’ordre officiel jugé limité, constitué du service d’ordre partisan et de vigiles privés fournis par l’établissement, ils posent la question d’un éventuel renfort. Cela n’aurait rien d’étonnant car la sulfureuse eurodéputée est régulièrement menacée et il paraît cohérent qu’une force d’appoint en mesure de repousser des assaillants de l’ultra droite ait été déployée avec la jeune garde. Sur le plan pur de la logique sécuritaire cela serait cohérent car ce n’est pas deux vigiles d el’IEP et quelques membres de la sécurité de LFI qui serait en mesure de s’opposer à une attaque coordonnée d’un groupe néofasciste déterminé. La situation est d’autant plus sensible que certaines personnes mentionnées appartiennent officiellement à l’organigramme LFI. Pierre-Elie Favrot, l’assistant parlementaire de Raphael Arnault député du Vaucluse, n’avait rien à faire à Lyon à part coordonner la présence de la jeune garde. Visiblement selon les premiers éléments de l’enquête il était le leader du groupe. Cette proximité alimente l’idée d’une possible coordination, sans qu’elle soit pour l’heure démontrée. Il serait intéressant de savoir que faisait il un jeudi à Lyon, était il en congé? Qui a payé le billet de train? Chez qui résidait il avant cette journée tragique, était il à l’hôtel et qui a payé l’hébergement? etc. L’enjeu n’est pas d’imputer une responsabilité pénale collective, mais d’établir si la présence de ces militants relevait d’une initiative autonome ou d’une mobilisation organisée, directement par LFI en coordination avec Rima Hassan.
Une clarification nécessaire sur d’éventuels échanges préalables
La question centrale devient donc celle des contacts antérieurs à l’événement. Dans un environnement politique structuré autour de réseaux militants et parlementaires imbriqués, il serait logique que des échanges aient pu avoir lieu entre différents acteurs politiques impliqués dans l’organisation de la venue. Sans préjuger de leur nature, l’existence éventuelle de communications ou de coordinations en amont constitue un élément que seule l’enquête judiciaire pourra éclairer notamment par l’exploitation des échanges téléphoniques, messages et mails. Elle devra notamment déterminer si la présence de militants de la Jeune Garde relevait d’une initiative spontanée, d’une mobilisation militante classique ou d’une demande de sécurisation renforcée. Cette distinction est essentielle. Car si la première hypothèse relèverait de la dynamique militante habituelle, la seconde poserait la question plus politique d’un recours indirect à des groupes militants pour assurer la protection d’événements publics. Dans ce cas, ce ne serait plus seulement la responsabilité individuelle des participants qui serait en cause, mais l’organisation de la sécurité politique elle-même par LFI et donc la responsabilité de ce parti parti politique.
À ce stade, aucun élément ne permet d’affirmer l’existence d’une collaboration structurée entre Rima Hassan et la Jeune Garde dans l’organisation de sa sécurité à Lyon. Mais les précédents évoqués dans la presse, la présence attestée de militants sur place et la proximité de certains acteurs politiques justifient que la question soit posée. La réponse ne pourra venir que de l’enquête judiciaire, seule à même d’établir si cette présence relevait d’une initiative militante autonome ou du renforcement du service d’ordre structurellement par LFI ou directement par Rima Hassan.

