Les propriétaires bailleurs ne s’opposent pas massivement à l’encadrement des loyers. Un sondage mené par Que Choisir Ensemble entre le 14 et le 17 septembre 2026 auprès de 1 014 répondants révèle que 71 % des propriétaires mettant un logement en location soutiennent cette réglementation. Ce chiffre atteint 81 % parmi ceux ne possédant qu’un seul logement à louer, représentant les deux tiers des participants. Du côté des locataires, l’adhésion est de 88 %, et globalement 83 % des Français interrogés soutiennent le principe de l’encadrement des loyers.
Une proportion similaire, 83 %, est favorable à son extension à toutes les zones tendues, où la demande de logements excède largement l’offre. Actuellement, l’encadrement des loyers s’applique principalement dans de grandes villes comme Paris, Lille, Lyon, Villeurbanne, Montpellier, Bordeaux, le Pays basque, Grenoble et certaines communes avoisinantes.
Des économies substantielles pour les locataires dans les villes concernées
Dans les villes appliquant l’encadrement des loyers, les locataires économisent plus de 500 euros par an en moyenne, selon l’association Que Choisir Ensemble. À Paris, le gain annuel atteint environ 1 700 euros, environ 1 200 euros en Île-de-France, et 530 euros à Lyon ou Bordeaux. Ces économies apportent un soulagement concret aux ménages, surtout dans un contexte où le coût du logement pèse de plus en plus lourd dans leur budget.
Pour les étudiants, souvent confrontés à des loyers élevés, l’association estime qu’un respect effectif de l’encadrement dans six grandes villes étudiantes pourrait signifier environ 46 euros économisés chaque mois. Sur une année universitaire, cette économie s’avère significative pour des budgets déjà tendus par le logement, la nourriture, l’énergie ou les transports. Marie-Amandine Stévenin, présidente de Que Choisir Ensemble, affirme qu’« abandonner l’encadrement des loyers serait incompréhensible » en période de difficultés pour les locataires et les étudiants. L’association appelle donc à une protection durable plutôt qu’à un retour à une situation sans plafonds spécifiques dans les zones concernées.
L’encadrement des loyers, loin d’être le principal frein à l’investissement locatif
Un autre enseignement du sondage pourrait nourrir le débat sur les conséquences de cette réglementation. Bien que l’encadrement des loyers soit souvent présenté comme un frein à l’investissement immobilier, il n’est cité que par 2 % des non-investisseurs en location comme raison de leur choix.
Le véritable obstacle est ailleurs. Pour 55 % des répondants, le coût financier de l’achat d’un logement locatif est le principal frein. La crainte de problèmes avec les locataires est mentionnée par 23 %, suivie par la rentabilité insuffisante (7 %) et la complexité administrative (4 %). Bien que l’encadrement des loyers puisse avoir un impact sur l’offre locative, il est rarement perçu spontanément comme le principal obstacle à l’investissement immobilier.
En outre, 19 % des personnes interrogées envisagent d’acheter un logement pour le louer dans les cinq prochaines années, bien que seulement 4 % soient certaines de le faire. Par ailleurs, les propriétaires bailleurs ne semblent pas globalement insatisfaits de leur investissement immobilier : 65 % le jugent rentable, contre 35 % d’avis contraires.
Une méconnaissance spectaculaire du dispositif, y compris chez les personnes concernées
Malgré le large soutien, le sondage révèle une méconnaissance notable du dispositif, même parmi les concernés. Seuls 25 % des Français interrogés savent précisément ce qu’est l’encadrement des loyers. Près de la moitié (47 %) en ont simplement entendu parler, tandis que 28 % n’en ont jamais entendu parler. Les propriétaires bailleurs ne s’en sortent pas mieux : 65 % de ceux qui croient que leur logement est soumis à l’encadrement se trompent. Parmi les locataires, 57 % ne savent pas si leur logement est soumis à l’encadrement. Dans les zones concernées, seuls 41 % des locataires en sont conscients.
Un dispositif menacé de disparition dès novembre 2026
L’encadrement des loyers pourrait vivre ses dernières semaines. Expérimenté depuis 2019, il pourrait disparaître le 26 novembre 2026 sans pérennisation. Pourtant, de récentes données montrent ses effets positifs. Le 21 octobre 2026, le Sénat doit examiner la proposition de loi du député Iñaki Echaniz, déjà adoptée par l’Assemblée nationale en décembre 2025, visant à pérenniser l’encadrement et à l’étendre à plus de communes éligibles.
Que Choisir Ensemble souhaite aller plus loin en étendant le dispositif aux zones tendues restantes. Selon ses estimations, des économies annuelles pourraient atteindre près de 640 euros à Strasbourg, plus de 600 euros à Nice, 580 euros à Annecy, environ 530 euros à Toulouse et dans l’agglomération Aix-Marseille. L’association demande aussi plus de contrôles et de sanctions pour garantir le respect des règles.




