Automobile : près de 8 Français sur 10 sacrifient leur budget

L’automobile pèse de plus en plus lourd dans le budget des Français. Selon une étude Leocare menée en septembre 2026, 78 % des conducteurs ont déjà rogné sur d’autres dépenses pour financer leur véhicule. Plus inquiétant encore : 56 % n’auraient plus les moyens de racheter une voiture équivalente à leur budget actuel, tandis que 48 % roulent avec un problème mécanique non réparé pour éviter la facture.

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Automobile : près de 8 Français sur 10 sacrifient leur budget
Automobile : près de 8 Français sur 10 sacrifient leur budget © journaldeleconomie.fr

D’après une étude menée par Leocare et Discurv fin septembre 2026 auprès de 1 000 personnes, 78 % des conducteurs français ont dû réduire d’autres dépenses pour financer leur voiture. Ce chiffre souligne la pression financière croissante, tandis que 74 % des Français considèrent la voiture comme un luxe, un pourcentage stable par rapport à 2025. Pour plus d’un sur cinq, l’automobile est un bien qu’ils ne pourraient pas remplacer si elle devait être rachetée aujourd’hui.

Plus révélateur encore, 56 % des propriétaires n’auraient pas les moyens d’acquérir un véhicule équivalent à leur budget actuel. Seuls 15 % le feraient sans difficulté, tandis que 29 % y parviendraient en sacrifiant d’autres dépenses. Dans cette impasse, 34 % opteraient pour un modèle moins cher ou d’occasion, et 22 % n’auraient plus les moyens de s’offrir une voiture. Le véhicule devient un bien que l’on conserve par nécessité plutôt que par choix.

Une dépendance qui absorbe plus d’un cinquième du budget mensuel

La dépendance des Français à la voiture persiste. 53 % affirment qu’ils ne peuvent s’en passer au quotidien, et 30 % en auraient de grandes difficultés. Seuls 11 % envisagent de vivre sans véhicule sans problème. Toutefois, la voiture entraîne des dépenses incompressibles : carburant, assurance, réparations. Pour certains ménages, l’automobile absorbe plus d’un cinquième de leur budget mensuel.

En détail, 28 % des Français disent que leur voiture consomme plus de 20 % de leur budget mensuel, et 9 % plus de 30 %. Pour plus d’un sur quatre, la voiture représente ainsi plus de deux mois de budget chaque année. Pour près d’un sur dix, c’est plus de trois mois et demi. Autre signal préoccupant, 15 % des Français ne savent pas combien leur coûte leur véhicule, une dépense lourde mais souvent non chiffrée.

L’emprunt pour financer les réparations se banalise

Face aux dépenses imprévues, les difficultés augmentent. 31 % des conducteurs ont déjà emprunté de l’argent pour une réparation, que ce soit auprès d’une banque, via un prêt à la consommation ou auprès d’un proche. Près de 10 % l’ont fait plusieurs fois. Le recours au crédit pour entretenir son véhicule devient une stratégie budgétaire courante.

De l’épargne à l’alimentation : les arbitrages du quotidien

Pour financer leur véhicule, près de huit Français sur dix ont réduit d’autres dépenses. Les sorties, restaurants et loisirs sont les premiers sacrifiés : 47 % des conducteurs les ont diminués. Les vacances et voyages suivent (37 %), ainsi que les vêtements (30 %), le bien-être et les loisirs personnels (30 %), puis l’épargne (28 %). Un quart des Français (25 %) ont annulé des abonnements, et 23 % ont diminué leurs dépenses en cadeaux.

Plus inquiétant, 13 % réduisent leur alimentation pour faire rouler leur voiture. Le budget automobile ne se contente plus de peser, il impose des choix sur les besoins quotidiens. Seuls 23 % déclarent n’avoir rien eu à réduire. Christophe Dandois, cofondateur de Leocare, souligne : « L’an dernier, c’était un luxe indispensable. Aujourd’hui, ce luxe se paie sur les loisirs, l’épargne, et même l’entretien du véhicule. »

Rouler avec un voyant allumé : l’arbitrage sécurité

La sécurité du véhicule est aussi concernée. Près d’un Français sur deux (48 %) a déjà roulé malgré un problème mécanique identifié, voyant allumé ou bruit suspect, plutôt que de payer la réparation immédiatement. Pour 24 %, cela s’est produit plusieurs fois. « Quand près d’un Français sur deux roule avec un voyant allumé pour éviter une facture, cela dépasse le pouvoir d’achat et touche à la sécurité », ajoute Christophe Dandois.

L’assurance automobile en première ligne de la hausse des coûts

63 % des Français ont constaté une augmentation du prix de leur assurance auto ces douze derniers mois, dont 15 % une forte hausse. Seuls 3 % ont vu ce prix baisser. Cette hausse s’explique d’abord par le coût des sinistres. Selon Sécurité et Réparation Automobiles (SRA), le coût moyen d’une réparation après collision a augmenté de près de 30 % entre 2021 et 2025, en raison de pièces de rechange plus chères et de véhicules plus complexes.

Le climat contribue également, avec une surprime catastrophes naturelles passée de 6 % à 9 % sur les contrats auto au 1er janvier 2025. Par mutualisation, les surcoûts se répercutent sur tous les assurés, même ceux sans sinistre. Face à ces hausses, la patience des assurés est mise à rude épreuve. Près d’un Français sur deux (47 %) envisagerait de changer d’assureur pour une hausse annuelle de 10 % ou moins, dont 9 % dès la moindre augmentation. 83 % le feraient au-delà d’un certain seuil, alors que la loi Hamon permet de résilier son contrat auto à tout moment après la première année.

Se séparer de sa voiture : une option qui gagne du terrain

Lorsque réduire les dépenses quotidiennes ou retarder les réparations ne suffisent plus, une solution radicale se profile : se séparer de sa voiture. Plus d’un Français sur trois (37 %) envisage de le faire dans l’année à venir, non par choix, mais par contrainte budgétaire. 10 % y pensent sérieusement et 27 % l’envisagent comme une possibilité. Seuls 47 % s’y refusent, et 16 % sont indécis.

Selon Caradisiac, la fiscalité automobile continue de se durcir. Le dernier trimestre de 2026 est une période charnière pour les flottes automobiles, avec des arbitrages budgétaires en vue de 2027. Lors du renouvellement de son parc, une entreprise doit tenir compte des avantages en nature, du malus au poids, de l’écotaxe, des quotas de verdissement de la loi LOM ou des ajustements du projet de loi de finances 2027 encore en évolution.

Transition énergétique : un espoir pour alléger la facture ?

Si l’électrification peut alléger la fiscalité, verdir efficacement sa flotte sans données précises semble risqué. Un audit des usages (kilométrage réel, typologie de trajets, besoins métiers) doit précéder tout choix de motorisation et de véhicules. Sans cela, le risque de passer à l’électrique pour des salariés qui n’en ont pas l’usage est élevé et peut entraîner un rejet. La demande intérieure reste fragile, et la transition énergétique doit s’accompagner d’une réflexion stratégique sur les coûts réels.

Pratiques à utiliser et souvent exemptés de l’écotaxe, les véhicules hybrides sont populaires. Pour les véhicules électriques, les dispositifs fiscaux qui leur sont favorables (économies d’impôts, prime CEE, abattement sur l’avantage en nature) sont plus complexes à appliquer mais ne doivent pas être ignorés. Les véhicules électriques chinois, bien que moins chers, ne bénéficiant pas de ces dispositifs, sont encore peu immatriculés en flottes.

Optimiser les coûts : trois leviers essentiels

Pour optimiser les coûts d’une flotte, trois réflexes sont essentiels. D’abord, sensibiliser les collaborateurs aux frais de remise en état et de dépassement kilométrique. Ensuite, utiliser l’information des kilomètres réellement parcourus pour renégocier le loyer en cours de contrat plutôt que de subir le réajustement lors de la restitution. Enfin, allonger la durée de détention pour ralentir le turn-over de la flotte et mieux lisser les taxes ou baisser les loyers.

Grouper les renouvellements à l’échéance peut aussi améliorer le temps et les conditions obtenues. De plus, le remplacement systématique de véhicule un-pour-un n’est plus une évidence puisque des solutions alternatives existent comme les voitures de service partagées ou la mise en place du crédit mobilité. Les aides publiques, comme celle destinée aux grands rouleurs, peuvent aussi alléger la facture pour certains usagers.

Dans un contexte économique difficile, une flotte automobile doit être gérée comme un poste de dépenses stratégique. Sans soutien, une entreprise risque une flambée de son budget flotte. Certes, le projet de loi de finances 2027 garantit une certaine stabilité de la fiscalité automobile pour l’année à venir, avec des barèmes de malus CO2 et au poids inchangés. Mais l’arrivée de nouvelles taxes sur les véhicules électriques pour janvier 2027 reste une possibilité.

Selon Christophe Dandois, les assurances doivent « éviter d’ajouter de la pression sur des budgets déjà saturés : des garanties lisibles, un prix juste, et aucune mauvaise surprise. » Une nécessité alors que l’automobile, bien indispensable pour la majorité des Français, devient un fardeau financier de plus en plus lourd.

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