Victime d’arnaque ? Votre banque doit vous rembourser immédiatement

La Cour de justice de l’Union européenne impose depuis le 15 octobre 2026 aux banques de rembourser immédiatement toute opération non autorisée, sans pouvoir invoquer la négligence du client.

Publié le
Lecture : 3 min
Mauvaise nouvelle pour les arnaqueurs : les virements bancaires changent dès le mois de mai, votre banque devra vérifier le nom du bénéficiaire avant d'envoyer l'argent
Victime d’arnaque ? Votre banque doit vous rembourser immédiatement © journaldeleconomie.fr

Vous avez constaté un débit frauduleux sur votre compte ? Depuis le 15 octobre 2026, la Cour de justice de l’Union européenne exige des banques qu’elles remboursent immédiatement toute opération non autorisée, sans pouvoir invoquer votre négligence. Cette décision majeure redonne du pouvoir aux consommateurs face aux fraudes, qui ont atteint 1,2 milliard d’euros en France en 2024, selon la Banque de France.

Arnaques bancaires : vos droits

Selon l’arrêt C-70/25 de la CJUE, les banques ne peuvent plus refuser le remboursement immédiat d’une opération non autorisée en invoquant la négligence grave du client. Concrètement, si vous signalez un débit frauduleux, votre banque doit recréditer votre compte avant toute discussion sur d’éventuelles responsabilités. Romane Musselin, avocate en droit bancaire, explique ce principe : « On rembourse et ensuite, on discute. »

La banque a l’obligation de vous rembourser au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant votre signalement. Ainsi, un signalement fait le lundi doit être suivi d’un remboursement au plus tard le mardi soir. Ce délai est prévu par l’article L.133-18 du Code monétaire et financier, renforcé par la décision européenne.

5 étapes pour obtenir un remboursement

Étape 1 : Signalez l’opération non autorisée

Contactez immédiatement votre conseiller bancaire ou le service fraude dès la détection d’un débit suspect. Faites-le par téléphone pour gagner du temps et demandez un numéro de dossier. Bloquez votre carte si nécessaire et notez l’heure et la date de votre signalement, car cela déclenche le délai de remboursement.

Étape 2 : Réclamez par écrit

Envoyez un courrier recommandé ou un email pour confirmer votre réclamation. Mentionnez le montant débité, la date de l’opération frauduleuse et exigez le remboursement immédiat conformément à l’arrêt de la CJUE. Conservez une copie de vos échanges pour éviter tout litige futur.

Étape 3 : Préparez votre dossier

Rassemblez les éléments prouvant que vous n’avez pas autorisé l’opération : captures d’écran, relevés bancaires, témoignages. Caroline Laverdet, avocate, rappelle que la banque doit fournir les preuves car elle possède les données techniques. Un dossier bien préparé accélérera le processus.

Étape 4 : Vérifiez le remboursement

Le lendemain de votre signalement, assurez-vous que le montant frauduleux a été recrédité. Si ce n’est pas le cas, relancez par écrit et rappelez l’obligation légale de votre banque. La décision européenne ne laisse aucune marge de manœuvre aux banques.

Étape 5 : En cas de retard, exigez des intérêts

Si votre banque tarde, elle s’expose à des sanctions financières. Les intérêts de retard s’appliquent automatiquement : 5 points dès le premier jour de retard, 10 points après 7 jours, et 15 points au-delà de 30 jours. Sur un remboursement de 2 600 euros, ces pénalités peuvent rapidement atteindre plusieurs centaines d’euros, comme le montre le cas d’une victime en Côte-d’Or.

Exceptions au remboursement immédiat

Exception 1 : Suspicion que vous êtes l’auteur de la fraude

La banque peut différer le remboursement si elle a des preuves concrètes que vous avez orchestré la fraude. Elle doit informer la Banque de France et fournir un dossier étayé. Des preuves matérielles sont nécessaires, car une simple intuition ne suffit pas.

Exception 2 : Preuve de négligence grave

Même après remboursement, la banque peut réclamer le montant si elle prouve votre négligence grave. Elle doit démontrer que vous avez agi avec une imprudence exceptionnelle. Cliquer sur un lien frauduleux ou divulguer vos identifiants ne constitue pas automatiquement une négligence grave. Les tribunaux évaluent chaque cas individuellement.

Refus de remboursement : pénalités encourues par les banques

Le système de pénalités français, renforcé par la loi pouvoir d’achat d’août 2022, impose des majorations d’intérêt en cas de retard de remboursement. Dès le deuxième jour ouvrable sans remboursement, le taux légal d’intérêt est majoré de 5 points, puis de 10 points après une semaine et de 15 points après un mois. Un retard d’un mois sur un montant de 15 000 euros peut générer plus de 200 euros d’intérêts supplémentaires.

Laisser un commentaire

Share to...