Le 10 avril 2025, l’affaire Takata a franchi une nouvelle étape critique. Toyota et Mercedes-Benz viennent allonger la liste déjà longue des constructeurs contraints de rappeler en urgence des véhicules équipés d’airbags potentiellement défectueux.
Un rappel massif : les modèles touchés par le retour de flamme du scandale Takata
Les véhicules concernés par ce rappel n’ont rien d’anecdotique. Il s’agit de modèles emblématiques produits entre 2001 et 2018, toujours très présents sur les routes françaises.
Du côté de Toyota, les Yaris, Corolla, ainsi que plusieurs berlines compactes sont concernés. Chez Mercedes, les Classe A (génération W169) et Classe C (W203, W204) sont dans le collimateur. Ces véhicules intègrent des airbags Takata conçus avec un propulseur à base de nitrate d’ammonium — une substance instable à l’humidité et à la chaleur.
Dans certaines conditions, cette instabilité peut provoquer une explosion du générateur de gaz, libérant des fragments métalliques dans l’habitacle. Le résultat : des accidents graves, souvent mortels. Le gouvernement français a recensé 29 sinistres, dont 12 décès (essentiellement en Outre-mer), ainsi qu’une vingtaine de blessés.
Toyota France confirme sur son site officiel que certains modèles nécessitent une immobilisation immédiate : « Vous devez arrêter de conduire cette voiture immédiatement. Veuillez contacter votre concessionnaire pour les prochaines étapes. »
Une mécanique judiciaire qui s’emballe : regroupement des plaintes et sanctions
L’aspect juridique de l’affaire connaît lui aussi une accélération. Le ministère de la Justice a demandé le regroupement de toutes les enquêtes en cours au sein de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris, compétente pour les affaires complexes à dimension nationale. Par ailleurs, les constructeurs font face à une pression sans précédent : une amende d’un million d’euros par jour de retard a été prévue par un décret daté du 9 avril 2025, en cas de non-exécution des campagnes de rappel. Le message est clair : l’État ne tolérera aucun laxisme.
Les campagnes dites Stop Drive mises en place par Toyota et Mercedes impliquent l’envoi massif de courriers aux propriétaires identifiés, la mise à disposition de véhicules de courtoisie dans certains cas, et l’organisation d’une logistique de remplacement d’airbags à grande échelle. En pratique, cela suppose un effort colossal pour les réseaux de concessionnaires, déjà sous tension.
Chez Mercedes-Benz, un portail de vérification par VIN permet à chaque client de vérifier si son véhicule est concerné. Toyota dispose d’un dispositif similaire, et propose de programmer un rendez-vous directement en ligne, ou via son espace Ma Toyota. Le constructeur rappelle que toutes les interventions sont gratuites et priorisées.


