La colère de Pékin face aux surtaxes sur l’automobile
La Chine a exprimé mercredi 12 juin sa vive opposition à l’augmentation des droits de douane que l’Union européenne s’apprête à imposer aux véhicules électriques importés depuis le pays asiatique. Selon Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, cette mesure est un exemple clair de « protectionnisme » et pourrait s’avérer « nuisible » aux intérêts européens.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait annoncé en septembre l’ouverture d’une enquête antisubventions visant les constructeurs automobiles chinois. Bruxelles accuse Pékin de soutenir illégalement son industrie automobile, lui permettant de dominer le marché européen des véhicules électriques. Des sources proches du dossier ont révélé à l’AFP que la Commission européenne pourrait imposer dès mercredi des surtaxes allant jusqu’à 25 % sur ces importations, en plus des taxes douanières actuelles de 10 %.
Interrogé sur cette annonce, Lin Jian a affirmé que « l’enquête antisubventions est un cas typique de protectionnisme ». Il a ajouté que « l’UE s’en sert comme excuse pour imposer des droits de douane sur les véhicules électriques importés de Chine ». Pour le porte-parole chinois, cette décision va « à l’encontre des principes de l’économie de marché et des règles du commerce international, compromet la coopération économique et commerciale entre la Chine et l’UE, tout comme la stabilité de la production automobile mondiale et des chaînes d’approvisionnement ».
Stratégie européenne risquée
La mise en place de ces nouvelles surtaxes sur les voitures électriques chinoises place l’Union européenne dans une situation délicate. En cherchant à protéger ses intérêts économiques, Bruxelles doit éviter de provoquer une guerre commerciale avec Pékin. Si l’UE décide d’imposer ces surtaxes, elle devra équilibrer la défense de son industrie automobile tout en maintenant des relations commerciales stables avec la Chine.
Cette décision fait suite à une enquête lancée en octobre dernier sur les subventions octroyées par le gouvernement chinois aux constructeurs automobiles. Les résultats de cette enquête semblent avoir convaincu Bruxelles de la nécessité d’agir pour contrer ce qu’elle considère comme une concurrence déloyale. Cependant, l’augmentation des droits de douane risque de renchérir considérablement le coût des voitures électriques chinoises vendues en Europe, ce qui pourrait entraîner une hausse des tensions commerciales entre les deux puissances économiques.
Le Financial Times a rapporté que la Commission européenne allait annoncer l’instauration de ces droits de douane supplémentaires à partir du mois prochain. Cette mesure est perçue par Pékin comme une tentative de freiner la croissance de ses exportations automobiles en Europe.
Lin Jian a réagi en déclarant que « cela serait nuisible aux propres intérêts de l’Union européenne ». Il a insisté sur le fait que cette décision compromettrait non seulement la coopération économique et commerciale entre les deux parties, mais aussi la stabilité de l’industrie automobile mondiale et des chaînes d’approvisionnement.


