Élections municipales à Marseille : le slogan « Travail, Famille, Patrie » devient celui de LR et du bloc central

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Élections municipales à Marseille : le slogan « Travail, Famille, Patrie » devient celui de LR et du bloc central | journaldeleconomie.fr

A Marseille on réutilise les vieux slogans, on les repeint vite fait, et on espère que personne ne regarde l’étiquette d’origine. Et voilà comment, en 2026, en pleine campagne municipale, une formule sortie tout droit du grenier de Vichy se retrouve agitée comme un slogan neuf, prêt à servir, encore un peu poussiéreux mais “qui sonne bien”. Il faut dire que les slogans politiques ont un destin étrange. Certains naissent dans des think tanks, d’autres dans des cafés, et certains, plus chanceux, traversent les décennies comme des valises diplomatiques. Celui-ci, visiblement, a fait le trajet inverse : du régime autoritaire des années 40 à une campagne municipale contemporaine, sans escale par le service historique. Une migration idéologique sans visa ni contrôle douanier. On imagine très bien la réunion stratégique. Autour de la table, des conseillers concentrés, des mines graves, des cafés froids et des PowerPoint illisibles. Quelqu’un lance la formule. Silence. Puis un conseiller opine : “Oui, ça fait sérieux.” Un autre ajoute : “Ça fait valeurs.” Et là, personne ne dit : “Attendez… ça me rappelle un truc historique, non?” Un autre,  « ah oui c’est le front populaire, non ? ». La beauté de l’affaire, c’est la surprise indignée qui suit. On découvre alors ce phénomène fascinant : la mémoire historique fait défaut a beaucoup de français. Quand les adversaires soulignent la référence, on les accuse de mauvaise foi. “Mais enfin, ce ne sont que des valeurs nobles !”  Euh oui mais c’est celles du Maréchal Pétain et c’est la devise de l’Etat Français. Pas grave c’est bien le front populaire qui a donné les pleins pouvoirs au vainqueur de Verdun et puis au final ce sont de belles valeurs. Il faut reconnaître que la politique adore ce moment précis : celui où elle découvre que l’histoire existe. C’est un peu comme un automobiliste surpris d’apprendre que le Code de la route comporte des panneaux. On croyait rouler tranquillement, et soudain quelqu’un rappelle que le rouge signifie stop depuis un certain temps.

Il y a dans cette affaire une poésie involontaire. La France passe son temps à organiser des commémorations, à publier des rapports sur la mémoire, à inaugurer des plaques, à multiplier les discours sur “le devoir d’histoire”. Et pendant ce temps, dans une campagne municipale, un slogan pétainiste ressort comme un vieux tube des années 40 remixé en version électorale. La République remix, revival Vichy. Au fond, cette histoire nous rappelle une vérité simple : les slogans politiques sont comme les meubles hérités de la famille. Avant de les exposer dans le salon, il vaut mieux vérifier d’où ils viennent. Sinon, on se retrouve à expliquer aux invités que le fauteuil a appartenu à un oncle dont on préfère généralement ne pas parler. Reste une question : faut-il s’indigner ou en rire ? La réponse est probablement les deux. S’indigner, parce que les symboles comptent. Rire, même pouffer de rire, parce que la scène est irrésistible : une campagne moderne, des réseaux sociaux en ébullition, et au milieu, un slogan effrayant et surtout une ignorance crasse. Décidément entre Delogu qui ne connaissait pas le Maréchal Pétain et Martine Vassal que de points communs en matière d’ignorance historique. Marseille est bien parti…

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