Emmanuel Macron a vivement réagi aux critiques formulées par plusieurs grands patrons français contre les nouvelles mesures fiscales du budget 2025. Face aux menaces de délocalisation brandies par certains industriels, le chef de l’État a exhorté les dirigeants d’entreprises à assumer un engagement national. « Soyez patriotes vous-mêmes ! », a-t-il lancé.
Une défense assumée de la politique de l’offre
Depuis son arrivée à l’Élysée en 2017, Emmanuel Macron a mis en place une série de réformes favorisant les entreprises, notamment par des baisses d’impôts et des incitations à l’innovation. Une dynamique aujourd’hui fragilisée par l’instabilité budgétaire et la pression parlementaire. Selon lui, l’augmentation de la fiscalité des entreprises, intégrée au budget 2025, ne doit pas remettre en cause les efforts engagés pour dynamiser l’économie française. « Tout le monde sur le pont ! », a-t-il exhorté sur France 2, appelant les dirigeants à s’engager publiquement en faveur du modèle économique français.
Ces déclarations surviennent alors que plusieurs figures du patronat dénoncent un alourdissement des charges pesant sur les grandes entreprises. Bernard Arnault, PDG de LVMH, a vivement critiqué la hausse de 40 % de l’impôt sur les sociétés réalisant plus de trois milliards d’euros de chiffre d’affaires. Selon lui, cette mesure, qui pourrait rapporter 8 milliards d’euros à l’État, constitue une « taxe sur le made in France » incitant les industriels à délocaliser.
D’autres dirigeants ont également pris la parole pour dénoncer un cadre fiscal jugé trop contraignant. Guillaume Faury (Airbus) s’inquiète d’un excès de charges et de régulations, tandis que Patrick Pouyanné (TotalEnergies), Florent Menegaux (Michelin) et Patrick Martin (Medef) alertent sur les risques pesant sur l’attractivité du territoire français.
Une fiscalité qui crispe les patrons
En réponse à ces inquiétudes, Emmanuel Macron a insisté sur les bénéfices de sa politique économique, citant notamment la réindustrialisation et l’essor des start-up. Il a fustigé les patrons qui, selon lui, préfèrent rester en retrait du débat public : « C’est trop facile d’être planqué dans son bureau et de dire : “C’est bien, faites le travail, mais on ne le dit pas trop fort” », a-t-il déclaré avec ironie.
Les critiques des patrons ne sont cependant pas unanimes. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a dénoncé un « chantage à l’emploi » orchestré par les grandes entreprises. Selon elle, Bernard Arnault et d’autres n’ont pas attendu cette hausse d’impôts pour licencier et délocaliser une partie de leur production. Michel-Édouard Leclerc a également estimé que les propos du PDG de LVMH pouvaient être contre-productifs : « Ce n’est pas forcément positivement impactant d’avoir un des hommes les plus riches de France qui dit, “si ça ne le fait pas, je quitte le pays” », a-t-il affirmé.
Entre défense d’un modèle économique et tensions autour de la fiscalité, le débat sur la contribution des grandes entreprises à l’économie française semble loin d’être clos. Emmanuel Macron espère néanmoins rallier le patronat à sa vision, en insistant sur les résultats obtenus depuis son arrivée au pouvoir. Reste à savoir si cet appel au patriotisme économique suffira à apaiser les tensions.

