Le 14 avril 2025, Nvidia a officialisé le lancement d’un vaste plan de relocalisation industrielle aux États-Unis. L’entreprise prévoit de produire sur le territoire américain ses puces de dernière génération et ses superordinateurs d’intelligence artificielle.
Production locale : un changement d’échelle pour Nvidia
L’annonce faite par Nvidia prévoit la fabrication et l’assemblage de ses composants sur deux sites principaux :
- En Arizona, les puces de la série Blackwell seront testées et conditionnées en partenariat avec TSMC, Amkor et SPIL.
- Au Texas, les stations de calcul DGX Station et DGX SuperPOD seront assemblées dans des installations industrielles situées à Dallas (Wistron) et Houston (Foxconn).
Ces opérations représenteront plus d’un million de pieds carrés d’infrastructures industrielles nouvelles. La mise en production est prévue dans un délai estimé de 12 à 15 mois à partir du second semestre 2025. L’ensemble du programme d’investissement annoncé s’élève à 500 milliards de dollars répartis sur une période de quatre ans, selon un communiqué officiel publié sur le blog de l’entreprise.
Un repositionnement motivé par des facteurs commerciaux et logistiques
La décision de relocaliser la production aux États-Unis répond à plusieurs facteurs d’ordre économique et stratégique. Le premier concerne les droits de douane sur les importations de composants électroniques. Depuis début avril 2025, de nouveaux taux ont été mis en place par les autorités américaines, notamment :
- 34 % sur les importations depuis la Chine ;
- 32 % sur Taïwan ;
- 25 % sur la Corée du Sud ;
- et un tarif plancher de 10 % sur l’ensemble des importations technologiques.
Ces nouvelles règles tarifaires, même si elles excluent temporairement certains types de semi-conducteurs, introduisent une incertitude logistique et budgétaire pour les fabricants de puces.
Ce plan de relocalisation s’appuie également sur les incitations du CHIPS and Science Act, un dispositif de soutien à la fabrication nationale de semi-conducteurs lancé en 2022. Ce cadre législatif a permis à TSMC, partenaire de Nvidia en Arizona, de bénéficier d’une aide de 6,6 milliards de dollars pour la construction et l’équipement de ses usines. En contrepartie, TSMC prévoit un investissement de 100 milliards de dollars supplémentaires sur le sol américain, comme le précise le site de la Maison-Blanche.


