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Madagascar : une investiture présidentielle sous le signe du renouveau





Le 31 Janvier 2014

Hery Rajaonarimampianina, déclaré élu le 3 janvier 2014, à la présidence de la République de Madagascar, a été investi de ses fonctions le 25 janvier 2014. L’évènement, véritable symbole politique et historique, s’est d’ailleurs déroulé en présence de plusieurs représentants et officiels étrangers triés sur le volet.



La tribune officielle - Stade de Mahamasima
La tribune officielle - Stade de Mahamasima
Samedi 25 janvier 2014, dans le grand stade de la capitale malgache, Antananarivo, s’est tenue la cérémonie d’investiture du nouveau président de la Grande Île, Hery Rajaonarimampianina. L’évènement s’est déroulé dans la sérénité en présence de Jean-Louis Robinson, adversaire du nouveau chef d’État pendant le second tour de l’élection présidentielle, et d’Andry Rajoelina, l’ancien président. La veille, ce dernier avait remis les clés de l’île à son successeur.
 
Cette passation de pouvoir ainsi que la cérémonie d’investiture recouvrent une portée symbolique forte. L’accession au pouvoir de Hery Rajaonarimampianina, élu sur un programme de rassemblement des composantes de la nation malgache, de rétablissement des valeurs d’entraide et de solidarité citoyenne, s’annonce comme le premier chapitre du renouveau malgache.
 
En effet, le pouvoir semble aujourd’hui soucieux de faire retrouver sa place à la Grande Île dans le concert des nations, et de cultiver ses liens avec ses partenaires extérieurs. Dans le parterre de personnalités présentes lors de l’investiture figurait par exemple le Nonce Apostolique Eugene Nugent dépêché par le Vatican pour l’occasion, mais aussi un grand nombre de représentants en provenance des pays membres de la Commission de l’Océan Indien, organisation dont Madagascar prendra la présidence au mois de mars prochain. Le 25 janvier se sont donc côtoyés Ikilou Dhoinine, Président de l’Union des Comores, Kailash Purryag, Président de l’île Maurice, et Danny Faure, Président des Seychelles.

Le Nonce Apostolique Eugene Nugent en compagnie de Patrick Couzinet
Le Nonce Apostolique Eugene Nugent en compagnie de Patrick Couzinet
Plusieurs personnalités françaises ont également été conviées à la cérémonie d’investiture par la nouvelle équipe présidentielle. Ont répondu à l’invitation, entre autres, la ministre déléguée à la Francophonie Yasmina Benguigui, le président du conseil régional de la Réunion Didier Robert, mais aussi diverses personnalités du milieu industriel tels que Patrick Couzinet, de Veolia Eau, ou encore Jean-Marie Maillet, directeur régional pour Madagascar et l’île Maurice de l’entreprise de travaux publics Colas.
 
« Au sein de la nouvelle équipe présidentielle, on sent une réelle volonté d’ouvrir davantage la Grande Île sur le monde pour lui redonner la place qu’elle mérite », a souligné Patrick Couzinet, qui relève que « l’on perçoit dans la population un sentiment d’apaisement ». Un changement d’atmosphère d’ores et déjà perceptible hors des frontières malgaches. En témoigne la venue, quelques jours plus tard, d’une mission composée d’experts et d’étudiants en viticulture en provenance de l’institut Bordeaux Sciences Agro et dépêchés par le Conseil Régional d’Aquitaine pour assister une entreprise malgache dans ses exploitations viticoles de la région d’Itasy.
 
D’autres projets de coopération ont également été discutés autour de la cérémonie. Citons à cet égard la venue d’une délégation menée par Aya Saito, directeur général adjoint de la coopération du ministère des Affaires Etrangères du Japon. Madame Aya Saito a en effet eu l’occasion de rencontrer le ministre des Affaires Etrangères malgache, Ulrich Andriantiana, et de rédiger avec lui une feuille de route concernant un projet commun entre leur deux pays.
 
Ces divers échanges mis à part, le discours du nouveau président a sans conteste été le temps fort de la cérémonie du 25 janvier. Dans ce discours, prononcé en malgache puis en français, Hery Rajaonarimampianina a insisté sur sa volonté de « faire table rase des pratiques du passé », d’en finir avec la corruption, le sectarisme politique et les luttes picrocholines qui ont envenimé la vie de l’île au cours des 10 dernières années. « Je ne partirai pas dans une chasse aux sorcières [mais] je n’accepterai aucune dérive », a encore affirmé le nouveau Président soucieux de se poser en rassembleur d’une nation divisée par des années de conflits sociaux et politiques.
 
À l’issu de ces évènements, le nouveau président entame donc un mandat pendant lequel il sera jugé sur sa capacité à normaliser le cours de la vie politique malgache. Hery Rajaonarimampianina a d’ailleurs présidé le 29 janvier 2014 son premier conseil des ministres, composé des représentants de l’ancien gouvernement d’union nationale.
 
Il faudra attendre la nomination d’un nouveau premier ministre par le chef de l’État sur recommandation de l’Assemblée nationale avant que la marche des institutions retrouve, encore un peu plus, un cadencement normalisé.




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