L’illusion de la hausse des prix
Les résultats de l’enquête montrent une nette différence de perception selon les catégories socioprofessionnelles. Les ménages aisés et les propriétaires restent moins pessimistes (51 % et 58 % respectivement) par rapport aux catégories populaires et aux locataires, qui sont 67 % et 66 % à se montrer inquiets. Les jeunes, en particulier les 25-34 ans, sont également plus confiants (48 %) comparés aux plus âgés, notamment les 64 ans et plus, dont 64 % sont pessimistes.
Malgré une baisse réelle des prix de l’immobilier (-2,8 % sur un an selon SeLoger), la majorité des Français continue de croire que les prix augmentent. Cette perception erronée est observée dans toutes les zones géographiques : 57 % des sondés pensent que les prix augmentent encore dans les grandes métropoles, 55 % dans l’agglomération parisienne et 46 % dans les petites et moyennes villes.
La principale barrière à l’accès à la propriété demeure le coût élevé de l’immobilier, suivi par l’insuffisance de l’apport personnel et la baisse du pouvoir d’achat due à l’inflation.
Un accès au financement immobilier toujours difficile
Même si les taux d’intérêt ont commencé à diminuer, la perception négative de l’accès au crédit persiste. Environ 87 % des répondants estiment que les banques sont plus exigeantes pour accorder des crédits, un chiffre en légère baisse par rapport à l’année précédente. De plus, 80 % des sondés trouvent que les délais pour obtenir un prêt se sont allongés et 70 % pensent que les taux d’intérêt continuent d’augmenter.
Cependant, Ludovic Huzieux, cofondateur d’Artémis courtage, nuance cette perception : « Toutes les banques prêtent à nouveau, avec des objectifs ambitieux, et le délai d’obtention d’un prêt est devenu normal, autour de 90 jours en moyenne. » Il souligne également que les taux d’intérêt moyens des crédits ont reculé sous la barre des 4 % depuis avril 2024. nn« La diminution des taux devrait probablement se poursuivre au second semestre », anticipe Ludovic Huzieux, prévoyant une stabilisation autour de 3,5 % pour les excellents dossiers. Pour rétablir la confiance des ménages, Artémis courtage estime qu’une baisse plus marquée des prix immobiliers serait nécessaire, bien que ce processus puisse prendre du temps.

