Déficit public excessif : Bruxelles appelle la France à des réformes

La Commission européenne se prépare à ouvrir des procédures pour déficits publics excessifs contre sept pays de l’UE, dont la France. Les ministres des Finances de l’Union discuteront des ajustements nécessaires lors d’une réunion à Bruxelles.

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Déficit public excessif : Bruxelles appelle la France à des réformes
Déficit public excessif : Bruxelles appelle la France à des réformes © journaldeleconomie.fr

Le déficit public excessif de la France

Les ministres des Finances de l’Union européenne se réunissent à Bruxelles pour discuter des procédures visant à corriger les déficits publics excessifs de sept pays, dont la France. Ces discussions interviennent alors que la France traverse une période de crise politique depuis les élections législatives de juillet, qui n’ont pas permis de dégager une majorité claire. Le commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni, a insisté sur la nécessité d’un ajustement budgétaire en France et dans les autres pays fortement endettés.

« Il est clair qu’il y a un besoin d’ajustement budgétaire en France et dans les autres pays ayant une dette élevée », a déclaré Gentiloni avant le début de la réunion. Malgré les difficultés institutionnelles, il estime possible et nécessaire de réduire les déficits publics. La décision d’ouvrir formellement ces procédures, initialement prévue pour mardi, a été repoussée de dix jours pour des raisons techniques.

Outre la France, six autres pays – l’Italie, la Belgique, la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et Malte – sont concernés par ces procédures, la Roumanie étant déjà sous surveillance depuis 2019. Ces pays ont dépassé la limite de 3 % du PIB pour le déficit public fixée par le Pacte de stabilité, et leur dette excède souvent le seuil de 60 % du PIB. Ils devront prendre des mesures correctrices pour se conformer aux règles budgétaires de l’UE, faute de quoi ils s’exposent à des sanctions financières.

Les règles budgétaires de l’UE, suspendues depuis 2020 en raison de la crise liée au Covid-19 puis à la guerre en Ukraine, ont été réactivées cette année après une réforme. Le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, a rappelé l’importance pour chaque État membre de respecter les règles budgétaires pour maintenir la viabilité de la dette publique.

Les prochaines étapes et les implications

Le ministre français Bruno Le Maire a également souligné la nécessité de rétablir les finances publiques, mentionnant les 25 milliards d’euros d’économies supplémentaires engagés cette année. « Le prochain gouvernement devra confirmer ces économies pour respecter la promesse de la France de revenir sous les 3 % de déficits en 2027 », a-t-il affirmé.

D’ici le 20 septembre, les États membres devront soumettre à Bruxelles leurs plans budgétaires pluriannuels. Ces plans seront examinés par la Commission européenne et le Conseil, qui formuleront en novembre des recommandations pour rétablir les comptes publics. Le Pacte de stabilité prévoit des sanctions financières pour les pays qui ne se conforment pas aux corrections imposées, bien que ces sanctions n’aient jamais été appliquées jusqu’à présent en raison de leur impact politique potentiellement explosif.

La France, dont la dette atteint 110 % du PIB, a souvent été en procédure de déficit excessif depuis la création de l’euro, bien qu’elle en soit sortie en 2018. Les nouvelles règles imposent une réduction annuelle minimum du déficit de 0,5 point, exigeant des efforts budgétaires significatifs. La réunion des ministres des Finances à Bruxelles marque donc le début d’un processus de réajustement crucial pour plusieurs pays de l’UE, dont la France, visant à stabiliser et réduire les niveaux de dette publique dans un contexte économique incertain.

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