Depuis plusieurs années, les abonnements non désirés se multiplient et grèvent les budgets des consommateurs. Ces souscriptions, souvent activées à l’insu des usagers, s’ajoutent directement aux factures téléphoniques, entraînant des prélèvements récurrents pour des services que les clients n’ont jamais sollicités. Ce phénomène, dénoncé par des associations de consommateurs comme l’UFC-Que Choisir, continue de faire de nombreuses victimes et soulève des questions sur la responsabilité des opérateurs téléphoniques.
Internet+ : la clé de l’arnaque aux abonnements
Ces arnaques reposent principalement sur un dispositif appelé Internet+, un système de micropaiement intégré aux factures téléphoniques. Conçu pour simplifier les achats de services multimédias tels que des jeux, des sonneries ou du streaming, ce mécanisme est souvent détourné de son objectif initial. Les consommateurs se retrouvent piégés après un simple clic sur une publicité ou un lien trompeur, déclenchant une souscription sans qu’ils en soient pleinement conscients. Ce procédé ne nécessite ni coordonnées bancaires ni validation complexe, ce qui le rend particulièrement propice aux abus.
Les exemples ne manquent pas pour illustrer l’impact de ces pratiques sur les ménages. Certains clients découvrent des prélèvements hebdomadaires ou mensuels en analysant leurs factures, souvent après plusieurs mois de paiements injustifiés, dénonce l’UFC-Que Choisir dans un article publié le 21 janvier 2025. Pour d’autres, ces montants passent inaperçus plus longtemps, intégrés aux totaux globaux des dépenses téléphoniques. L’effet est d’autant plus pernicieux que les montants des prélèvements sont souvent modestes, quelques euros par semaine, ce qui les rend difficiles à détecter dans les factures téléphoniques.
Les opérateurs mis en cause
Malgré les critiques et les alertes répétées, les opérateurs continuent de proposer Internet+ sans le désactiver par défaut, exposant ainsi leurs clients à ces souscriptions frauduleuses. Des dispositifs de confirmation ont bien été instaurés, comme l’envoi de messages informant l’usager de la souscription. Cependant, ces alertes sont souvent ignorées ou perçues comme des spams, ce qui réduit considérablement leur efficacité. Par ailleurs, le plafonnement des dépenses via Internet+ à des montants élevés, comme trois cents euros par mois, laisse peu de marge pour endiguer les abus.
Les associations de consommateurs, à l’image de l’UFC-Que Choisir, dénoncent depuis longtemps ces pratiques et appellent à des réformes plus strictes. Elles réclament notamment que le service Internet+ soit désactivé par défaut et qu’une authentification plus poussée soit imposée avant toute souscription.
Abonnements Internet+ indésirables : contester est possible, mais compliqué
Les recours pour contester ces souscriptions existent, mais ils restent souvent longs et complexes, dissuadant bon nombre de consommateurs de réclamer leur dû. Entre démarches auprès des éditeurs des services concernés et contacts avec les opérateurs, les obstacles administratifs découragent les demandes de remboursement.
En attendant des réformes structurelles, la vigilance reste la meilleure arme pour éviter ces arnaques. Il est essentiel pour les ménages de vérifier attentivement leurs factures, de désactiver les services à risque auprès de leur opérateur et de signaler rapidement tout prélèvement suspect. À défaut d’une action proactive des opérateurs, la responsabilité repose sur les consommateurs eux-mêmes, bien qu’ils soient souvent les premières victimes d’un système opaque et permissif.



