Glyphosate : nouvelle amende record pour Bayer suite à son rachat de Monsanto

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Glyphosate : nouvelle amende record pour Bayer suite à son rachat de Monsanto | journaldeleconomie.fr

Le groupe chimique allemand Bayer subit un nouveau revers judiciaire majeur aux États-Unis. Comme le rapporte l’agence Bloomberg, celui-ci a été condamné le 21 mars 2025 à verser près de 2,1 milliards de dollars (environ 1,94 milliard d’euros) à un plaignant atteint d’un cancer qu’il attribue à l’un de ses désherbants : le Roundup.

L’héritage toxique du rachat de Monsanto pour Bayer

En 2018, Bayer avait misé gros en rachetant Monsanto pour 60 milliards de dollars. Ce rachat visait à asseoir sa domination mondiale dans le secteur agricole et des produits phytosanitaires. La Commission européenne, après une enquête approfondie, avait autorisé cette acquisition en imposant certaines cessions d’actifs pour éviter les situations de monopole. Pourtant, loin de consolider sa position, cet achat s’est transformé en véritable gouffre financier.

Depuis cette fusion, Bayer fait face à une avalanche de plaintes concernant le Roundup, herbicide emblématique de Monsanto contenant du glyphosate. Malgré un règlement de près de 10 milliards de dollars en 2020 pour clore environ 100 000 dossiers, plus de 60 000 procédures restent ouvertes. Pour anticiper ces litiges, Bayer a provisionné 5,9 milliards de dollars.

Le verdict rendu par le jury de Géorgie impose à Bayer de verser 65 millions de dollars en dommages compensatoires et 2 milliards de dollars en dommages punitifs. Ces montants visent à sanctionner le groupe pour son comportement jugé irresponsable concernant les risques liés au glyphosate.

Une procédure d’appel en cours

Dès 2021, Bayer a choisi d’adapter sa stratégie commerciale face à la multiplication des poursuites judiciaires liées au Roundup. Le groupe allemand a ainsi décidé de retirer progressivement les versions domestiques de son désherbant contenant du glyphosate du marché américain, une mesure qui devait être pleinement appliquée avant la fin de l’année 2023. Cette décision ne concerne toutefois que les ventes destinées aux particuliers. Le Roundup reste de fait, accessible aux professionnels et aux agriculteurs, principaux utilisateurs de cet herbicide. En Europe, malgré les controverses autour du glyphosate, la Commission européenne a prolongé son autorisation jusqu’en décembre 2033, permettant ainsi à Bayer de maintenir ses ventes sur ce marché stratégique. Une prolongation qui garantit au groupe une source de revenus importante et a priori stable, malgré les incertitudes liées aux nombreuses procédures judiciaires en cours.

Le 22 mars 2025, soit au lendemain du verdict, Bayer a annoncé son intention de faire appel : « Nous pensons que nous avons de solides arguments pour faire annuler ce verdict en appel », a ainsi déclaré le groupe dans un communiqué relayé par Bloomberg, qui estime que les dommages et intérêts imposés sont « excessifs et inconstitutionnels », rapporte l’agence Bloomberg. Par le passé, Bayer a déjà réussi à obtenir des réductions de près de 90 % sur certains montants initialement imposés, et espère, cette fois encore, échapper à une sanction financière aussi lourde.

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