Croissance en France : la Banque de France s’inquiète déjà

L’enquête met en évidence l’impact croissant des droits de douane, en particulier ceux mis en place par les États-Unis depuis mai 2025.

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Banque de France : une croissance « modérée » au deuxième trimestre 2022
Croissance en France : la Banque de France s’inquiète déjà © journaldeleconomie.fr

Dans son enquête mensuelle de conjoncture publiée le 9 juillet 2025, la Banque de France anticipe une croissance du produit intérieur brut (PIB) de +0,1 % au deuxième trimestre. Cette estimation repose sur l’analyse d’environ 8 500 entreprises interrogées entre le 26 juin et le 3 juillet.

Quelques bonnes nouvelles de la part de l’activité en France

Les données recueillies montrent une légère amélioration de l’activité dans l’industrie, les services marchands et le bâtiment, après une dynamique atone au premier trimestre. Le taux d’utilisation des capacités de production industrielles atteint 74,9 %, contre une moyenne de long terme de 77,2 %.

Du côté des prix, une légère hausse est enregistrée dans l’industrie, une stabilité dans les services, et une baisse dans le bâtiment. En parallèle, 19 % des entreprises déclarent rencontrer des difficultés de recrutement, un phénomène concentré dans les secteurs des services, notamment le transport et l’hôtellerie-restauration.

Les droits de douane pèsent déjà sur la croissance française

L’enquête met en évidence l’impact croissant des droits de douane, en particulier ceux mis en place par les États-Unis depuis mai 2025. Selon la Banque de France, 6 % des entreprises interrogées se déclarent directement affectées, un pourcentage qui s’élève à 8 % dans l’industrie manufacturière.

Les secteurs les plus exposés sont l’agroalimentaire (notamment les exportateurs viticoles), la chimie, les biens d’équipement, le bois-papier-imprimerie, ainsi que certains services d’ingénierie. Les entreprises concernées signalent une hausse des coûts d’importation, une diminution des volumes exportés et des délais de livraison rallongés. Le Figaro rapporte que 37 % des secteurs industriels interrogés constatent un repli de leur activité, en lien avec les tensions commerciales actuelles.

Inquiétude généralisée pour la guerre commerciale

Selon Les Échos, certains territoires industriels, notamment dans l’Est et le Sud-Ouest, affichent déjà des signaux de ralentissement. Cette tendance est également observée dans l’automobile et l’aéronautique, secteurs exposés aux échanges transatlantiques.

L’INSEE, dans sa note de conjoncture publiée en juin, estime que le taux effectif moyen des droits de douane appliqués à la France est passé de 2,4 % fin 2024 à 18 % après mai 2025, ce qui alourdit mécaniquement les coûts pour les entreprises exportatrices.

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