Grève des officines : un tiers des pharmacies menacées selon les syndicats

Le mois d’août ne sera pas si calme. Une menace encore invisible plane sur les comptoirs familiers. Derrière le silence, la colère s’organise. Et elle a choisi son jour.

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Grève des officines : un tiers des pharmacies menacées selon les syndicats
Grève des officines : un tiers des pharmacies menacées selon les syndicats | journaldeleconomie.fr

Le samedi 16 août 2025, une grève nationale des pharmaciens d’officine, à l’appel de leur principal syndicat, pourrait clore brutalement une période déjà tendue. En cause : la réforme des remises accordées sur les médicaments génériques, dénoncée comme un coup fatal à l’équilibre du réseau officinal.

Les plafonds de remises génériques : le cœur du conflit

Le conflit s’ancre dans une décision gouvernementale qui a secoué la profession : la baisse des plafonds de remises sur les génériques accordées par les laboratoires aux pharmacies. Selon l’arbitrage transmis par le ministre de la Santé à l’Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officines, ces plafonds passeront à 30 % pour les génériques et 15 % pour les biosimilaires, à compter du 1er septembre 2025, indique le communiqué de l’USPO.

Jusqu’au 1er août, les pharmaciens pouvaient encore bénéficier de remises allant jusqu’à 40 % du prix hors taxes fabricant. Mais l’exécutif a tranché. Pour les syndicats, c’est un sabre économique. Le 24 juillet, le Conseil d’administration de l’USPO a réaffirmé son refus de la proposition gouvernementale, martelant son exigence : « pas un seul point de remise en moins, et un engagement clair sur l’évolution de la rémunération des officines ».

Ce plafonnement remet en question un équilibre fragile. Dans un marché déjà marqué par la volatilité des marges et la montée des charges, les syndicats dénoncent une décision déséquilibrée, qui pénalise notamment les petites officines indépendantes.

Une grève portée par les syndicats d’officine

Une grève portée par les syndicats d’officine

Le Conseil d’administration de l’USPO, principal syndicat des pharmaciens d’officine, a tranché : les pharmacies sont appelées à fermer leurs portes le samedi 16 août. L’appel ne fait pas consensus au sein de la profession, mais la mobilisation s’annonce massive. Dans certaines régions, jusqu’à 90 % des officines pourraient suivre le mot d’ordre, selon les remontées des syndicats départementaux.

«  Il faut qu’on montre à l’État que si ces mesures désastreuses entrent en application, cette perte menacera des emplois et provoquera des fermetures », martèle Pierre-Olivier Variot, président de l’USPO, dont les propos sont rapportés par BFM-RMC. Une pétition intituléeNon aux déserts pharmaceutiques !, initiée par l’USPO, a déjà recueilli 59 200 signatures à la date du 1er août.

Des conséquences économiques redoutées pour les officines

Le sujet dépasse le simple cadre syndical. Selon les chiffres transmis par la FSPF, la perte annuelle liée à la réforme des remises atteindrait 600 millions d’euros pour le réseau officinal. Une estimation confirmée sur BFM-RMC, qui cite également un chiffre alarmant : 800 officines pourraient fermer si la réforme est appliquée sans ajustement.

« Il y a aujourd’hui à peu près 30 % des officines qui ont une trésorerie très tendue », alerte Pierre-Olivier Variot via cette même source. La fermeture symbolique du 16 août vise donc à illustrer, concrètement, ce que deviendrait un territoire privé de pharmacies.

Le mot d’ordre est clair : pas de baisse sans contrepartie. Faute de réponse politique, l’USPO évoque déjà une mobilisation durable. Le modèle de pharmacie de proximité, élément-clé de la chaîne de soins en France, se trouve sous pression. L’alerte est lancée. Reste à savoir si l’exécutif y répondra.

La grève du 16 août ne se résume donc pas à un simple geste de protestation. Elle cristallise les tensions économiques qui secouent les officines, met en lumière les désaccords entre syndicats, et trace les lignes d’une confrontation directe entre professionnels de santé et administration. Ce samedi-là, si les volets des pharmacies restent baissés, ce ne sera pas par oubli, mais par colère structurée.

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