Argent de poche 2025 : quand les adolescents apprennent la rigueur budgétaire dès l’enfance

La baisse de l’allocation fixe ne signifie pas que les adolescents manquent totalement de ressources.

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L'argent de poche : combien reçoivent les jeunes Français ?
Argent de poche 2025 : quand les adolescents apprennent la rigueur budgétaire dès l’enfance © journaldeleconomie.fr


Publié le 2 septembre 2025, le baromètre « Les ados et l’argent de poche » de Pixpay révèle un tournant majeur dans la manière dont les jeunes Français gèrent leurs premiers revenus. Avec une baisse de 10 % en un an, l’argent de poche s’effrite et oblige les adolescents à multiplier les solutions : revente de biens, petits jobs ou recours accru aux applications bancaires.

Argent de poche en baisse, un repère éducatif fragilisé

En 2025, le montant moyen d’argent de poche s’élève à 26 euros par mois, soit 3 euros de moins qu’en 2024. Cela représente une contraction de près de 10 % en un an. Cette diminution équivaut, selon le calcul de Pixpay, à la perte d’environ un mois et demi d’allocations annuelles, une baisse significative dans un contexte de hausse continue des prix.

Or, l’argent de poche joue un rôle crucial dans la construction de l’autonomie des jeunes. En recevant une somme régulière, ils apprennent la valeur de l’attente, l’importance de gérer un budget fixe et la nécessité de faire des choix. Mais tous n’en bénéficient pas : seuls 58 % des adolescents perçoivent un versement régulier. Les autres doivent composer avec des montants irréguliers ou dépendants des circonstances, ce qui affaiblit leur apprentissage de la gestion financière.

Comme le souligne Caroline Ménager, cofondatrice de Pixpay : « Les ados de 2025 sont les premiers à expérimenter une économie sans croissance dès l’âge de 8 ans. L’argent de poche s’effrite, la régularité se dérobe. Ils entrent dans la vie économique par le prisme de la précarité et de la débrouille – mais dans un univers déjà totalement digitalisé. »

Missions et débrouille : la nouvelle économie des ados

La baisse de l’allocation fixe ne signifie pas que les adolescents manquent totalement de ressources. En réalité, de nombreuses familles compensent par des « rallonges » ponctuelles, notamment lors des moments forts de l’année scolaire. En juin, les jeunes de 16 à 18 ans reçoivent ainsi en moyenne 104 euros, soit trois fois plus que leur argent de poche habituel, évalué à 34 euros. Ces bonus accentuent la dépendance à l’irrégularité et compliquent l’apprentissage d’une gestion équilibrée.

Traditionnellement, les missions rémunérées constituaient un complément essentiel. Jardinage, vaisselle, lavage de voiture ou baby-sitting : autant de petites tâches confiées par les parents contre une rémunération modeste. En 2025, 63 048 missions de ce type ont été recensées, rémunérées en moyenne 11 euros chacune. Mais leur nombre chute brutalement : –24 % en un an, preuve que cette économie parallèle s’essouffle.

Face à ce recul, les adolescents explorent de nouvelles pistes. Selon l’étude, 31 % exercent de petits emplois extérieurs, 26 % sollicitent ponctuellement un complément familial, et surtout, 52 % revendent leurs affaires sur des plateformes de seconde main. Cette dernière pratique illustre une tendance forte : les jeunes transforment leurs biens en liquidités pour compenser un budget parental trop maigre.

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