En 2024, le FIVP se retrouve au cœur d’un bouleversement : une flambée de demandes d’indemnisation pour des pathologies liées aux pesticides secoue le dispositif. Ce contexte, mêlant enjeux de santé publique et considérations juridiques, exige une analyse rigoureuse.
Un dispositif pour reconnaître et réparer les victimes de pesticides
Créé en 2020, le Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP) a pour mission de reconnaître et de réparer les dommages causés par l’exposition professionnelle ou environnementale à ces substances chimiques. Ce mécanisme juridique, financé par la solidarité nationale, répond à une demande ancienne des syndicats agricoles et des associations de défense des victimes. En l’espace de quelques années, il est devenu un outil central d’indemnisation, permettant aux travailleurs agricoles, à leurs familles et à certaines catégories de riverains de faire valoir leurs droits face à des pathologies souvent graves.
Une envolée extraordinaire des demandes d’indemnisation
Le FIVP a reçu 958 demandes en 2024, contre autour de 670 en 2023, traduisant une progression de 42,8 % selon La Tribune, chiffre qualifié de « hausse inédite ».
Par ailleurs, RCI mentionne 978 demandes pour la même période, soit 297 de plus qu’en 2023 RCI.
Dans ces requêtes, 20 concernent des enfants exposés in utero, soit un doublement par rapport à l’année précédente, soulignant un enjeu sanitaire préoccupant.
Montants versés et traitement des dossiers
Conjointement, le montant global versé par le fonds grimpe à 18,7 millions d’euros en 2024. Le délai moyen d’instruction des demandes s’établit à 131 jours, un rythme qui témoigne à la fois des progrès et de la tension croissante des administrations concernées. Ce double mouvement financier et temporel révèle un dispositif qui s’adapte face à une montée en charge, mais dont les capacités riskent d’être dépassées.
Visibilité médiatique et enjeux d’accès à l’indemnisation
Malgré cette montée spectaculaire des demandes, le dispositif souffre d’un déficit de notoriété. RCI souligne des « indemnisations encore trop limitées malgré une hausse des demandes », évoquant un problème d’accès pour les futurs bénéficiaires potentiels.
Ce paradoxe – entre efficacité opérationnelle et visibilité insuffisante – pose une question centrale : comment garantir que les victimes soient informées de leurs droits, notamment dans les territoires les plus exposés ? L’enjeu juridique et sanitaire est de taille.


