L’abattement fiscal appliqué aux pensions de retraite devait, un temps, être transformé en forfait de 2.000 euros. Cette hypothèse, débattue dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, n’a finalement pas été retenue. Le respect des délais budgétaires qui rend désormais toute réforme inapplicable pour l’année à venir.
Retraités : un avantage fiscal ancien, de plus en plus contesté
L’abattement fiscal de 10% sur les pensions de retraite figure parmi les mécanismes les plus anciens de l’impôt sur le revenu. Appliqué automatiquement, dans la limite d’un plafond, il permet de réduire la base imposable des retraités. Pensé à l’origine pour tenir compte de l’absence de frais professionnels une fois l’activité terminée, il concerne aujourd’hui plusieurs millions de foyers.
Ce dispositif n’est pourtant pas exempt de critiques. Son caractère proportionnel conduit à un avantage plus important pour les pensions élevées, ce qui alimente régulièrement les débats sur son équité et sur son coût pour les finances publiques. C’est dans ce contexte qu’a été relancée, à l’automne, l’idée de remplacer cet abattement par un forfait unique de 2.000 euros par retraité.
Une réforme sans majorité claire
La transformation de l’abattement proportionnel en forfait fixe était présentée comme une mesure de simplification du système fiscal. Elle devait également permettre de mieux cibler l’avantage en faveur des pensions modestes. Mais lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2026, cette proposition n’a pas recueilli le soutien nécessaire à l’Assemblée nationale.
Les débats ont mis en lumière les craintes d’une partie des députés, notamment sur l’impact potentiel pour les retraités aux revenus intermédiaires. À la mi-novembre, la mesure a été écartée, actant l’absence de consensus politique sur un sujet particulièrement sensible.
Le verrou du calendrier fiscal
Au-delà du rejet parlementaire, la réforme s’est surtout heurtée à une contrainte juridique déterminante : le calendrier fiscal. En matière d’impôt sur le revenu, les règles applicables à une année donnée doivent être définitivement votées avant la fin de l’année précédente. Passé ce seuil, toute modification devient juridiquement inapplicable pour l’exercice suivant.
Dans le cas de l’abattement des pensions, toute réforme visant une application en 2026 aurait donc dû être adoptée avant le 31 décembre 2025. Ce point a été reconnu publiquement par le gouvernement. Invitée sur RTL le 8 janvier, Amélie de Montchalin a ainsi déclaré : « Ce n’est plus possible puisque quand on passe le 31 décembre, l’abattement sur les retraités – certains voulaient le réformer, j’en faisais partie, nous avions fait une proposition en ce sens – on n’a plus le droit de le faire ».
Cette déclaration ne traduit pas un simple renoncement politique, mais un constat juridique. Une fois le seuil calendaire franchi, la réforme devient inapplicable, quels que soient les débats encore en cours.
Un statu quo assumé pour 2026
Concrètement, les retraités continueront donc de bénéficier de l’abattement fiscal de 10 % lors de la déclaration des revenus de 2025, imposés en 2026. Le mécanisme reste inchangé et s’appliquera automatiquement, sans démarche particulière.
Cette stabilité offre une visibilité bienvenue à court terme, dans un contexte de discussions récurrentes sur la fiscalité et le financement des retraites. Elle n’exclut pas pour autant un retour du débat lors de prochains projets de loi de finances, mais toute évolution éventuelle renverra nécessairement à un horizon ultérieur.



