Carburant : Michel-Édouard Leclerc prévient que les prix vont rester élevés

Les prix à la pompe restent à des niveaux élevés et Michel-Édouard Leclerc ne voit pas d’accalmie rapide. Pour les ménages qui dépendent de leur voiture, le sujet du carburant redevient central dans le budget du quotidien, avec un gazole toujours au-dessus de 2,24 €/L en moyenne en France ce 20 avril. 

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Le gazole reste au-dessus de 2,24 €/L en moyenne en France, malgré un léger reflux après les pics du début avril. | journaldeleconomie.fr

Invité de la matinale de CNews lundi 20 avril, Michel-Édouard Leclerc a averti que « le prix du pétrole ne baissera pas de sitôt » et qu’il y avait « au moins six mois de crise énergétique devant nous ». Pour les automobilistes, ce diagnostic repousse encore la perspective d’une baisse sensible du carburant.  

Le carburant continue de peser sur le budget des ménages

Pour beaucoup de Français, le carburant est d’abord une dépense hebdomadaire incompressible. Aller travailler, déposer les enfants, faire les courses, honorer un rendez-vous médical ou enchaîner les kilomètres quand on vit loin des centres-villes suppose encore, dans une grande partie du pays, de passer par la voiture. Dans ce cadre, la moindre hausse se voit tout de suite.  

Or les niveaux observés lundi 20 avril restent très élevés. D’après les données relayées par Roole Média à partir de la base publique, le gazole s’affiche à 2,241 €/L, le SP98 à 2,080 €/L, le SP95 à 2,037 €/L et le SP95-E10 à 1,980 €/L. Le SP95-E10 repasse certes sous les 2 euros, mais de très peu. Le diesel, lui, reste nettement au-dessus de 2,20 €/L.  

La comparaison avec les semaines précédentes montre que la tension ne s’est pas effacée. Le 23 mars, le gazole était à 2,144 €/L et le SP95-E10 à 1,972 €/L. Le 26 mars, ces deux carburants atteignaient respectivement 2,220 €/L et 1,994 €/L. Puis, le 3 avril, le SP95-E10 franchissait les 2,009 €/L, avant de grimper à 2,020 €/L le 8 avril. Le reflux visible depuis quelques jours ne suffit donc pas à ramener les prix à un niveau réellement respirable pour les ménages.  

Dans ce contexte, la prise de parole de Michel-Édouard Leclerc ne vaut pas seulement comme commentaire économique. Elle agit surtout comme un signal pour les consommateurs : l’idée d’un recul sensible et rapide du prix du plein n’est plus le scénario le plus probable. Sur CNews, il a résumé cette perspective en une phrase : « le prix du pétrole ne baissera pas de sitôt ».  

La guerre au Moyen-Orient prolonge les tensions à la pompe

Le patron du comité stratégique des centres E.Leclerc relie directement la situation actuelle à la guerre au Moyen-Orient et à ses effets sur le marché pétrolier mondial. Son autre formule, « on a au moins six mois de crise énergétique devant nous », donne la mesure de ce qu’il anticipe. Pour les automobilistes, cela signifie que la facture du plein pourrait rester élevée bien au-delà d’un simple épisode de volatilité.  

C’est ce qui change la perception du sujet. Quand les prix montent brusquement puis redescendent vite, les ménages peuvent temporiser. Quand les tarifs restent installés à un niveau haut pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, les arbitrages deviennent plus rudes. Certains limitent les déplacements non indispensables. D’autres regroupent leurs trajets, modifient leurs habitudes d’achat ou comparent davantage les stations. La question du carburant redevient alors un marqueur central du pouvoir d’achat, au même titre que l’alimentation ou l’énergie domestique. Cette pression budgétaire est cohérente avec les niveaux de prix relevés depuis fin mars.  

Le contraste est d’autant plus fort que les consommateurs avaient entendu, ces dernières semaines, l’idée d’une possible détente. Or les chiffres disponibles au 20 avril ne montrent pas une vraie normalisation. Ils montrent au mieux une respiration limitée après des sommets récents. Pour un ménage qui remplit son réservoir plusieurs fois par mois, cette nuance reste très théorique : la dépense demeure élevée.  

Leclerc remet aussi sur la table le débat sur les CEE

Dans la même séquence, Michel-Édouard Leclerc a également proposé de « suspendre la surtaxe pollueur-payeur », renvoyant au coût des certificats d’économies d’énergie. Le sujet est technique, mais il touche à une question très concrète : au-delà du brut, qu’est-ce qui entre encore dans le prix final payé par le consommateur ?  

Sur ce point, le ministère de l’Économie rappelle que le dispositif des certificats d’économies d’énergie assigne aux vendeurs d’énergie des obligations pluriannuelles d’économies d’énergie, qu’ils remplissent en cofinançant diverses opérations. Le même document précise aussi que le coût du dispositif est majoritairement répercuté sur les factures d’énergie des ménages et qu’il mobilise plusieurs milliards d’euros annuels.  

Cela ne signifie pas qu’il existe une taxe simple et visible ajoutée à chaque litre de carburant. En revanche, cela explique pourquoi le débat revient régulièrement dès que les prix de l’énergie s’envolent. Quand le pétrole reste cher et que la baisse attendue ne vient pas, tous les éléments de coût réapparaissent dans la discussion publique. C’est ce que montre l’intervention de Michel-Édouard Leclerc : la bataille ne porte plus seulement sur le baril, mais aussi sur les mécanismes qui alourdissent, directement ou indirectement, la facture finale.  

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