Durant ce début de vacances de la Toussaint 2026, les automobilistes français se confrontent à 595 stations à sec et à 16,3 % du réseau national perturbé. Le prix du gazole atteint 2,36 euros le litre. Cette situation, loin d’être simplement passagère, met en lumière des faiblesses structurelles dans l’approvisionnement énergétique du pays.
Les détails de la crise du carburant
Au matin du 18 octobre 2026, 595 stations-service manquaient de carburant, selon PrixCarbu. En tout, 1 570 des 9 611 stations françaises signalent une rupture d’au moins un produit. Le sans-plomb est le plus affecté, avec 15 % des stations en pénurie. Trouver une station fonctionnelle s’apparente parfois à un parcours du combattant, notamment dans certaines régions.
Les régions ne sont pas touchées de manière égale. Le Grand Est est particulièrement affecté, avec entre 23,6 % et 30,9 % de ses stations en rupture. L’Île-de-France et la Normandie sont également très impactées, tandis que la Corse ne connaît aucune pénurie. Le Territoire de Belfort est le département le plus touché, avec 7 stations sur 18 affectées. Les prix varient également, le diesel atteignant 2,482 euros dans le Bas-Rhin contre 2,272 euros en Haute-Corse.
Les causes de la pénurie
TotalEnergies, acteur majeur du secteur, est au cœur de cette crise avec 87 % des stations en rupture relevant de son réseau. Sur les 2 176 stations du groupe suivies par PrixCarbu, 1 367 sont en pénurie. La concentration du réseau sous l’égide de TotalEnergies crée une vulnérabilité systémique. Le plafonnement des prix mis en place en juillet 2026 n’a pas suffi à assurer la continuité des approvisionnements.
Des facteurs sociaux aggravent la situation. Cinq syndicats appellent à une grève générale le 5 novembre 2026, tandis que les Gilets jaunes envisagent des blocages prolongés. Les précédentes mobilisations ont déjà montré que de telles actions peuvent rapidement mener à des centaines de stations à sec.
L’impact sur votre portefeuille
Le prix du gazole s’élève à 2,364 euros par litre au 18 octobre, en hausse de 2 centimes en une semaine. L’E10 coûte 2,166 euros et le SP98 atteint 2,274 euros. Ces prix, parmi les plus élevés enregistrés, sont dus à des tensions géopolitiques, des coûts logistiques accrus et une demande élevée malgré les pénuries. Un plein de 50 litres de gazole coûte désormais plus de 118 euros, contre environ 90 euros il y a deux ans, pesant lourdement sur les ménages modestes et les professionnels du transport.
Les vacances de la Toussaint 2026 voient une baisse de 12,5 % des réservations par rapport à 2025, selon PAP. Cyril Brioulet, journaliste, remarque que les prix élevés et les pénuries fréquentes poussent les familles à limiter leurs déplacements ou à choisir des destinations proches. Le secteur touristique en subit directement les conséquences.
Perspectives pour novembre et au-delà
La mobilisation du 5 novembre reste une inconnue cruciale. Si le blocage perdure, les 595 stations aujourd’hui à sec pourraient être bientôt dépassées par d’autres. Le gouvernement pourrait intervenir par des réquisitions ou des déblocages de stocks stratégiques. Cependant, la convergence entre syndicats et mouvements citoyens comme les Gilets jaunes complexifie une solution rapide. À moyen terme, il est impératif de diversifier les sources d’approvisionnement et de réduire la dépendance à un seul acteur comme TotalEnergies. En attendant, les automobilistes devront faire face à des prix élevés et à une disponibilité incertaine, rendant chaque trajet plus complexe à planifier. Les applications de géolocalisation des stations disponibles deviennent essentielles, à l’instar des voyageurs aériens qui adaptent leurs projets face aux contraintes économiques.



