Après avoir lancé une politique consistant à supprimer tout ce qui n’est pas essentiel et à trancher drastiquement dans les dépenses publiques, Javier Milei voit aujourd’hui ses choix validés dans les urnes. La victoire nette de La Libertad Avanza lors des législatives de mi-mandat intervient au moment où les indicateurs économiques commencent à se redresser : inflation en net recul, pauvreté en baisse sensible. Le pari ultralibéral de restaurer la stabilité par la rigueur fonctionne pour l’heure, et le président argentin peut désormais revendiquer l’efficacité de ses réformes structurelles.
Le contexte et l’enjeu des législatives
Depuis son investiture en décembre 2023, Javier Milei a entrepris une politique économique résolument ultralibérale : réduction drastique des dépenses publiques, ouverture des marchés, suppression de nombreuses subventions et dérégulation. Son parti La Libertad Avanza a remporté une victoire marquante lors des élections législatives d’octobre 2025, renforçant son mandat et offrant un nouvel élan à son agenda économique. Cette victoire électorale donne, de facto, un « coup de fouet » politique à sa stratégie de réforme, et signale que l’électorat a au moins partiellement adhéré à la logique du changement structurel.
Une « thérapie d’afuera » assumée
Milei a dès le départ annoncé qu’il allait trancher dans les dépenses publiques et supprimer tout ce qui n’était pas considéré comme essentiel. Le récit officiel présente cette politique comme indispensable pour casser les chaînes de l’inflation et du déficit budgétaire. Dans un premier temps, ces mesures ont produit des effets très brutaux : selon l’Instituto Nacional de Estadística y Censos (INDEC), le taux de pauvreté est passé de 41,7 % fin 2023 à environ 52,9 % au cours des six premiers mois de 2024. Parallèlement, l’inflation, qui plafonnait à des niveaux hyper-élevés, a commencé à se résorber. Ce premier mouvement montre la dualité de la stratégie : douloureuse pour les ménages à court terme, censée poser les bases d’un redressement à moyen terme.
Milei est-il efficace ?
La question centrale est de savoir si cette politique est efficace, c’est-à-dire si elle atteint ses objectifs de stabilisation économique et s’accompagne d’un redressement durable. Sur ce plan, plusieurs éléments sont à relever : le taux de pauvreté est retombé à 38,1 % au second semestre de 2024, soit une baisse d’environ 14,8 points depuis le pic. L’inflation mensuelle est elle aussi passée à des niveaux beaucoup plus bas, avec une hausse des prix ramenée autour des 2 % mensuels à l’été 2025. Des analyses internationales observent que les réformes commencent à produire des effets réels, notamment en matière de crédibilité de l’économie et de signaux positifs envoyés aux marchés. En l’état, l’existence de signes tangibles d’efficacité est indéniable. Les chiffres de la pauvreté et de l’inflation évoluent clairement dans le sens souhaité par l’administration. Toutefois, l’efficacité ne signifie pas encore que tous les objectifs sont atteints ou que la trajectoire est assurée : le pouvoir d’achat demeure limité et l’économie argentine reste fragile.
Perspectives et conclusion
À ce jour, le bilan de Javier Milei peut être qualifié de prometteur en matière de réformes structurelles. Le redressement de l’inflation et la baisse rapide du taux de pauvreté constituent des étapes importantes. Le succès électoral des législatives de 2025 renforce sa marge de manœuvre et valide politiquement son programme économique. Cela dit, la trajectoire devra encore confirmer un retour de la croissance, une création d’emplois soutenue et une amélioration durable des conditions de vie. En conclusion : l’ultralibéralisme, dans le sens de libérer le marché, réduire les coûts de l’État et restaurer la stabilité monétaire, fonctionne jusqu’à présent mieux qu’on ne pouvait raisonnablement l’attendre en Argentine, même si le verdict final reste entre les mains des prochains trimestres économiques.



