Pour les compagnies aériennes, le bagage n’est plus un service : il est devenu une source majeure de revenus. Pour les passagers français, il incarne une contrainte tarifaire incontournable qui les oblige à changer leurs habitudes de voyage.
Les Français adaptent leurs comportements face aux politiques de bagages
Une étude réalisée par Parkos en décembre 2024 auprès de 23 000 Européens, dont 2 370 Français, révèle un tournant décisif dans les habitudes de voyage : 37 % des Français déclarent ne jamais réserver de bagage supplémentaire, 22 % le font rarement, et seulement 7 % ajoutent systématiquement des options payantes. Le bagage, autrefois élément de confort, est devenu un paramètre déterminant dans l’organisation des déplacements aériens.
Ce basculement illustre une évolution marquée de la relation entre passagers et compagnies. Désormais, chaque réservation se construit en fonction des coûts additionnels, et la gestion du bagage fait partie intégrante de la stratégie individuelle de voyage. En comparaison européenne, seuls les Néerlandais apparaissent plus attentifs (48 % vérifient systématiquement les politiques bagages), tandis que les Italiens (30 %) et les Allemands (24 %) semblent moins sensibles à cette contrainte.
Plusieurs millions d’euros de revenus annuels
Cette transformation des usages trouve son origine dans le modèle économique mis en place par les compagnies, notamment low-cost. Comme l’indiquait Économie Matin, les recettes issues des bagages et autres options représentent désormais jusqu’à 30 % du chiffre d’affaires annuel des transporteurs aériens. Ce poste, autrefois marginal, génère plusieurs centaines de millions d’euros chaque année.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Ryanair engrange près de 538 millions d’euros par an grâce aux bagages cabine, EasyJet environ 226 millions, et Transavia près de 169 millions. Cette manne compense l’érosion des marges sur les billets et encourage une multiplication des frais accessoires. Pour les passagers français, l’achat d’un billet d’avion n’inclut plus seulement le vol : il impose désormais une lecture fine des conditions tarifaires, où le bagage devient un levier de rentabilité cachée.


