Bientôt deux nouveaux jours de congés, mais pas pour tout le monde

Chaque année, 6 000 communes françaises sont déclarées en état de catastrophe naturelle. Imaginez deux jours de congé supplémentaires pour les victimes.

Publié le
Lecture : 2 min
Bientôt deux nouveaux jours de congés, mais pas pour tout le monde
Bientôt deux nouveaux jours de congés, mais pas pour tout le monde © journaldeleconomie.fr

Le 7 mai 2025, Rémi Cardon, sénateur du Parti Socialiste, a déposé au Sénat une nouvelle proposition de loi. Son idée ? Donner deux jours de congé en plus aux salariés qui ont été touchés par une catastrophe naturelle. Ces jours ne viendraient pas réduire les 25 jours de congés payés annuels ni diminuer le salaire, et ils compteraient comme du temps de travail effectif pour le calcul des droits aux congés.

Le cadre légal pour des congés en cas de pépin

Aujourd’hui, chaque salarié français a droit à 25 jours de congés payés par an. Il existe déjà des jours exceptionnels pour des cas particuliers, par exemple en cas de maternité, paternité ou indemnités journalières. La proposition de Rémi Cardon s’inscrit dans cette logique en créant une nouvelle catégorie de congés rien que pour les personnes victimes de catastrophes naturelles.

Pour pouvoir bénéficier de ces deux jours supplémentaires, le salarié doit habiter dans une zone officiellement déclarée en état de catastrophe naturelle par un arrêté interministériel.

Les catastrophes naturelles qui se multiplient

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : environ 6 000 communes françaises se voient déclarées en état de catastrophe naturelle chaque année. De plus, 18 millions de Français vivent dans des zones susceptibles d’être inondées. Entre 2001 et 2021, la France a enregistré en moyenne quatre événements très graves par an, alors qu’entre 1960 et 2000, il n’y en avait qu’un par an. Ces données illustrent bien à quel point le phénomène devient de plus en plus courant.

Autre élément à noter : 10,4 millions de maisons risquent des dommages liés au retrait-gonflement des argiles et 1,5 million de personnes pourraient être affectées par une submersion marine. Dans ces conditions, offrir quelques jours de repos en plus aux salariés concernés semble être une solution pour mieux faire face aux suites immédiates d’un désastre.

Des avis partagés sur une proposition qui divise

La proposition doit encore être débattue en commission au Sénat et elle risque de rencontrer une forte opposition, notamment en raison de la majorité de droite. Rémi Cardon insiste sur le fait qu’il faut adapter les acquis sociaux pour éviter « la double peine » aux victimes.

Cependant, tout le monde n’est pas du même avis. Pascal Fradcourt, président de la Confédération des PME de la Somme, estime que cela ajouterait « des contraintes réglementaires inutiles ». À l’inverse, certains témoignages locaux soutiennent l’initiative. Sandie Noisiez, propriétaire inondée à Arques, trouve cette loi à la fois logique et humaine, tandis que Franck Leurette, maire à La Calotterie, admet que deux jours peuvent paraître insuffisants, mais voient en cette mesure un pas dans la bonne direction.

Ce que l’avenir nous réserve

Même si l’avenir de cette proposition reste incertain au Sénat, dominé par la droite, le débat qu’elle lance interroge notre manière de légiférer face aux enjeux environnementaux actuels. Par ailleurs, des députés insoumis ont déjà proposé une alternative similaire, sans exiger au préalable que la catastrophe naturelle soit officiellement reconnue.

Laisser un commentaire

Share to...