Le 7 juin 2025, dans une interview exclusive au Journal du dimanche, Amélie de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics, a lancé une mise en garde sans équivoque : les arbitrages budgétaires ne peuvent se faire sans discipline. Le Budget 2026 s’annonce comme un tournant stratégique, dans un contexte de surendettement chronique et de pressions internationales.
Le budget 2026 : recadrage tous azimuts pour les ministres
Le premier signal d’alarme, la ministre le donne elle-même dans son interview au Journal du Dimanche le 7 juin 2025 : « À ce stade, pour être très claire, le compte n’y est pas ». La formule, sèche, vise les propositions trop généreuses de plusieurs membres du gouvernement quant aux prévisions du Budget 2026. Selon elle, chaque ministre devra revoir sa stratégie de financement, avec un objectif limpide : « proposer des économies et des réformes pour financer les nouvelles priorités ».
L’entretien révèle une ligne directrice rigide. À la clé, des entretiens individuels avec chaque portefeuille ministériel, afin de présenter des scénarios « sincères, responsables, crédibles ». La ministre insiste : « Un bon ministre dégage des marges de manœuvre et pilote son administration. Son rôle premier n’est pas de distribuer des subventions ».
Objectif 2026 : 40 milliards d’économies sans recours fiscal
La ministre ne laisse place à aucune ambiguïté : « Je le confirme, c’est notre boussole ». Les 40 milliards d’euros d’économies ne seront pas issus d’un coup de rabot fiscal, mais d’un effort structurel, principalement piloté par les dépenses. Le cap est de ramener le déficit public à 4,6 % du produit intérieur brut, tout en consolidant l’attractivité économique.
Parmi les mesures phares évoquées :
- La fusion ou suppression d’un tiers des agences et opérateurs de l’État, avec une économie estimée entre 2 et 3 milliards d’euros sur deux ans.
- Une maîtrise de la masse salariale, après une progression de 6,7 % en 2024. Les ministères devront justifier les besoins de recrutement et les hausses de rémunérations.
- Une lutte renforcée contre la fraude : en 2024, 13 milliards d’euros ont été recouvrés via des contrôles sur les fraudes sociales, fiscales et aux aides publiques.
Amélie de Montchalin rappelle que le temps des réponses fiscales systématiques est révolu : « On ne peut pas combler un manque de courage politique par plus d’impôts ». Elle refuse catégoriquement la hausse de la TVA ou la prorogation des contributions exceptionnelles au-delà de 2025.
Une politique budgétaire au service de la souveraineté
Pour la ministre, il en va de l’indépendance de la France : « Ce qui se joue avec ce budget, c’est la préservation de l’indépendance de la France. […] Si nous ne faisons pas ces choix maintenant, ce seront nos créanciers ou le FMI qui nous les imposeront ». Cette vision politique rattache les arbitrages budgétaires à une finalité stratégique : préserver une capacité de décision autonome.
Elle insiste sur le lien entre politique économique et souveraineté : « Je refuse que la dette soit le premier poste de dépense. Je refuse qu’on doive choisir entre l’hôpital et la défense ». Dans un contexte pré-électoral, à deux ans de la présidentielle de 2027, le contrôle des comptes publics devient aussi un enjeu démocratique.
Démystifier le budget : une architecture complexe mais décisive
Le budget de l’État français, régulé par la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF) de 2001, suit un cycle précis : cadrage stratégique, conférences techniques, arbitrages ministériels, vote du PLF (Projet de loi de finances). Les ressources sont dominées par les recettes fiscales (impôt sur le revenu, TVA, impôt sur les sociétés) tandis que les dépenses couvrent les fonctions régaliennes, la protection sociale, l’investissement public.
Ce déséquilibre chronique entre recettes et dépenses implique un recours à l’emprunt, générant une dette que la ministre qualifie de « boulet stratégique ». Pour 2026, les nouvelles mesures ne visent donc pas un gel global, mais une refonte méthodique de l’architecture publique : réintégration de certaines missions dans les ministères, suppressions d’entités redondantes, recentrage des priorités.


Les dépenses sociales se sont aggravées et plombent particulièrement le budget de la France. Si on ne révise pas en profondeur la politique d’aides sociales, les mesurettes du budget 2026 n’amélioreront jamais la situation. Le vrai courage politique est là !