Depuis le 27 août 2026, une mention inhabituelle apparaît sur certaines pompes à essence en France : « Contient des additifs métalliques ». Cette notification, imposée par un arrêté du 22 juillet 2026 publié au Journal officiel, concerne les carburants sans plomb contenant des composés à base de manganèse. Elle vise à renforcer la transparence sur la composition des essences.
La révision des règles sur les caractéristiques des carburants fait suite à une mise à jour des normes européennes. Bien que l’affichage ne soit pas totalement nouveau, une obligation similaire existait depuis décembre 2010, son renforcement concerne les essences E5 et E10 ainsi que le gazole, selon Yahoo Actualités. Par ailleurs, le gouvernement a prolongé l’aide carburant de 100 euros pour soutenir les ménages modestes face à la hausse des prix.
Le manganèse, un additif sous surveillance
Le MMT, ou méthylcyclopentadiényl manganèse tricarbonyle, est un additif utilisé pour améliorer l’indice d’octane des essences. Il agit comme un amortisseur thermique dans la chambre de combustion, protégeant les sièges de soupapes et prévenant le cliquetis. Le manganèse, autrefois substitut au plomb, est soumis à une réglementation stricte. En France, la teneur maximale autorisée est de 2 milligrammes de manganèse par litre pour le supercarburant sans plomb et le SP95-E10, un seuil réduit par rapport aux 6 mg/l autorisés entre 2011 et 2014, indique Selectra.
Les métaux présents dans les carburants peuvent encrasser les systèmes de dépollution, colmater les pots catalytiques et saturer les sondes. Leur combustion libère des microparticules métalliques dans l’air, posant des risques sanitaires selon plusieurs études toxicologiques.
Une harmonisation avec les normes européennes
L’arrêté du 22 juillet 2026 adapte également le cadre juridique français aux normes NF EN 590 pour le diesel et NF EN 228 pour les essences sans plomb, mises à jour par le Comité européen de normalisation en juillet 2025. Pour le gazole, une exigence stricte limite désormais les particules solides en suspension à 10 000 particules mesurant au moins 4 micromètres, vérifiées à la sortie de la raffinerie ou au terminal d’importation.
Que doivent savoir les automobilistes ?
La mention « Contient des additifs métalliques » ne signifie pas que le carburant est dangereux ou non conforme. Tous les carburants ainsi étiquetés respectent les normes en vigueur. L’affichage vise à informer les consommateurs de la présence d’un additif métallique, précise Auto Plus.
Cette information est visible sur les appareils de distribution concernés dans les stations-service. Les conducteurs n’ont aucune démarche à suivre, la responsabilité de l’affichage incombant aux professionnels. Toutefois, les propriétaires de véhicules anciens ou nécessitant des carburants spécifiques doivent se montrer prudents, car certains moteurs peuvent être sensibles aux additifs métalliques, notamment au niveau des systèmes d’échappement.
Un contexte de prix élevés
Ces évolutions réglementaires s’inscrivent dans un contexte de prix élevés à la pompe. Au 24 août 2026, les moyennes nationales s’affichaient à 2,024 euros le litre pour le SP95-E10 et à 2,247 euros pour le gazole, selon BFMTV.
Environ 1 842 stations-service sur les 10 000 recensées en France affichent ces prix élevés, soit 18,5 % du réseau. La hausse est particulièrement marquée sur les axes autoroutiers, à Paris et en petite couronne. Parallèlement, la transition vers les véhicules électriques modifie le marché de l’occasion, offrant une alternative aux conducteurs souhaitant réduire leur budget carburant.



