Crise du logement : l’UE prépare un tour de vis contre la location touristique

Plus de 50% des citadins européens considèrent le logement comme leur problème numéro un. Face à cette crise sans précédent, l’Union européenne propose un cadre législatif permettant aux villes de restreindre les locations touristiques type Airbnb dans les zones sous tension.

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Airbnb : un compteur à Paris pour ne pas dépasser 120 jours de location
Crise du logement : l’UE prépare un tour de vis contre la location touristique © journaldeleconomie.fr

En quête d’un studio en centre-ville, vous réalisez que le moindre 20 m² coûte désormais 800 euros par mois ? Vous n’êtes pas isolé. Plus de 50% des citadins européens considèrent aujourd’hui le logement comme leur principal problème, selon la Commission européenne. Pour répondre à cette urgence sociale, Bruxelles a présenté le 9 septembre 2026 une mesure inédite : l’Acte européen pour le logement abordable, permettant aux villes de restreindre sévèrement les locations touristiques de type Airbnb dans les zones tendues.

Un problème social majeur : 50% des citadins européens en détresse

La crise du logement affecte désormais la majorité des habitants des grandes villes européennes. Entre 2015 et fin 2025, les prix de l’immobilier ont augmenté de 64,9% dans l’Union européenne, tandis que les loyers ont grimpé de 21,8%. Au premier trimestre 2026, la tendance se poursuit avec une hausse de +5,1% pour les prix d’achat et +3% pour les loyers en glissement annuel. Des pays comme la Croatie ont même vu leurs loyers croître de 21,9% en un an.

Ce contexte pousse des milliers de jeunes actifs à renoncer à s’installer dans les métropoles où se trouvent les emplois, freinant ainsi la mobilité professionnelle et éducative et accentuant les inégalités territoriales. « Quand le marché ne parvient pas à fournir un logement abordable, les autorités publiques doivent intervenir », souligne Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission européenne.

Comment la location touristique a accentué la crise du logement

La prolifération des locations touristiques a retiré des dizaines de milliers de logements du marché résidentiel traditionnel. Dans les centres historiques de Paris, Barcelone, Berlin ou Venise, des quartiers entiers se sont transformés en zones hôtelières de facto. Les propriétaires préfèrent louer à la nuitée pour une meilleure rentabilité et moins de contraintes. Conséquence : l’offre de logements de longue durée diminue alors que la demande reste forte.

Plusieurs études montrent un lien direct entre la densité de locations courte durée et l’augmentation des prix dans les villes touristiques. Bien que la Commission reconnaisse que les facteurs structurels jouent un rôle clé, l’impact d’Airbnb sur certains quartiers est incontestable. Les résidents historiques sont évincés par la flambée des loyers, remplacés par un flux constant de touristes.

La réponse de l’UE : l’essentiel à retenir

L’Acte pour le logement abordable proposé par Bruxelles établit un cadre permettant aux villes de limiter légalement les locations touristiques. Une commune doit démontrer deux critères : une tension immobilière durable (ratio prix-revenu élevé sur dix ans) et un impact négatif majeur des locations courte durée sur l’accessibilité du logement pendant au moins trois ans.

Il est important de noter que les restrictions ne concernent pas les locations dans la résidence principale du propriétaire. Seuls les biens exclusivement dédiés à la location touristique pourront être limités ou interdits. L’Acte doit encore être approuvé par les États membres et le Parlement européen avant d’entrer en vigueur.

Les véritables solutions pour le logement

Restreindre les locations touristiques ne suffira pas à résoudre la crise. La Commission estime que l’Union européenne doit construire 2 millions de logements supplémentaires chaque année d’ici 2035 pour répondre à la demande actuelle. Cela nécessite des financements significatifs, une simplification des procédures d’urbanisme et l’implication des acteurs publics et privés. Sans cette relance de la construction, le déficit structurel persistera.

L’Acte européen inclut également des mesures pour encourager la rénovation énergétique des bâtiments existants et la remise sur le marché de logements vacants. En France comme ailleurs, de nombreux appartements restent inoccupés, souvent pour des raisons fiscales ou patrimoniales. Mobiliser ces logements pourrait apporter un soulagement rapide, avant même la construction de nouveaux programmes.

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