Marine Le Pen, cheffe de file des députés du Rassemblement national et candidate à l’élection présidentielle, a publié dimanche 6 septembre 2026 une lettre ouverte à destination des buralistes, diffusée par BFMTV. Elle y plaide pour un « gel des taxes sur le tabac ».
Le texte paraît la veille d’une mobilisation nationale lancée lundi 7 septembre par la Confédération des buralistes, qui réclame un moratoire sur la hausse des prix du tabac afin, selon elle, de ne pas alimenter la contrebande de cigarettes. Cette mobilisation précède l’examen en séance, au Sénat, du projet de loi de finances de la Sécurité sociale.
Marine Le Pen juge le mouvement « totalement légitime » et décrit l’activité des buralistes comme « vitale pour la vie sociale et économique de nos villes et villages ».
Désindexation des prix et sanctions renforcées
Concrètement, la candidate propose deux mesures fiscales : geler les taxes sur le tabac et désindexer le prix du paquet de l’inflation. L’objectif affiché est de stopper l’escalade fiscale. Selon elle, « l’augmentation permanente du prix du tabac ne peut tenir lieu, à elle seule, de politique publique ».
Sur le volet répressif, elle veut « alourdir fortement les sanctions contre les trafiquants et la vente à la sauvette » et donner davantage de droits aux policiers municipaux, en les autorisant notamment à « participer aux saisies de produits illicites ». Elle assure vouloir « protéger ceux qui travaillent légalement, combattre réellement ceux qui organisent les trafics, redonner de la visibilité à leur profession ».
Depuis 2017, le prix d’un paquet de cigarettes a grimpé en moyenne de 6 euros, pour approcher les 13 euros. Sur un paquet « premium » vendu 12,50 euros, l’État en empoche 10,50 (8,5 euros d’accise sur les tabacs et 2 euros de TVA), quand le buraliste et le fabricant se partagent chacun 1 euro de marge, selon un rapport du Sénat publié en mai 2024.
Entre juillet 2025 et juillet 2026, les ventes au détail de cigarettes, tabac à rouler et cigares-cigarillos ont reculé de 4,6 % à 5,2 %.
En 2023, environ 4,3 milliards d’euros échappaient en moyenne à la fiscalité nationale sur le tabac consommé en France métropolitaine, selon une étude des douanes publiée en octobre 2025 et relayée par BFMTV. Le cabinet KPMG, dans son rapport annuel, estime que la moitié des cigarettes fumées en France proviennent de l’étranger ou du marché noir.
Les buralistes redoutent aussi le retour d’un amendement déjà présenté lors du budget de la Sécurité sociale pour 2025, rejeté à l’époque par l’Assemblée nationale. Le texte prévoyait une hausse de 10 % par an du prix du tabac jusqu’en 2032, pour atteindre un paquet à 25 euros.





