Le 10 juin 2025, le gouvernement britannique a annoncé injecter 14,2 milliards de livres sterling – soit près de 17 milliards d’euros – dans le chantier nucléaire de Sizewell C. Ce complexe, porté par l’énergéticien EDF, concentre autant d’ambitions que de controverses.
EDF à la tête du projet Sizewell C : un colosse énergétique
La centrale de Sizewell C, située dans le Suffolk, à l’est de l’Angleterre, ne sera pas une expérimentation. Elle est conçue comme une réplique de Hinkley Point C, avec deux réacteurs EPR (European Pressurized Reactor) totalisant 3,2 gigawatts de capacité – de quoi alimenter six millions de foyers britanniques selon Reuters.
Le coût ? Entre 24 et 36 milliards d’euros, selon des estimations. Une fourchette jugée « excessive » par certains observateurs, mais défendue par Londres au nom de la souveraineté énergétique. « L’investissement dans cette énergie propre et locale met fin à des décennies d’hésitations et de retards », a clamé le gouvernement britannique, selon des propos rapportés par Le Figaro.
Pourquoi Londres investit massivement dans ce nucléaire made in France
Depuis le départ du partenaire chinois CGN, évincé en novembre 2022, l’État britannique est devenu l’actionnaire majoritaire du projet. EDF conserve 16,2 % du capital, le reste étant contrôlé à 83,8 % par le Trésor britannique, d’après Reuters.
Si aucune date n’a encore été fixée pour la décision finale d’investissement, celle-ci pourrait être annoncée début juillet lors du sommet franco-britannique. Simone Rossi, directeur général d’EDF Energy, s’est réjoui : « La décision du gouvernement d’aller de l’avant avec Sizewell C est une excellente nouvelle pour la Grande-Bretagne, sa sécurité énergétique et sa croissance économique » (Capital, 10 juin 2025).
La stratégie d’EDF : sécuriser, exporter, dominer
EDF joue sur plusieurs fronts. D’une part, en consolidant son expertise EPR hors des frontières. D’autre part, en s’alignant sur les ambitions gouvernementales du Royaume-Uni, qui veut relancer un vaste programme de nucléaire civil.
Le projet Sizewell C, financé selon le modèle RAB (Regulated Asset Base), permet à EDF de bénéficier d’un retour sur investissement dès les phases de construction – une aubaine dans un secteur où les délais s’étalent souvent sur quinze ans. Et le chantier, prévu jusqu’en 2035, s’accompagne d’un vaste plan de formation avec 1 500 postes d’apprentis à la clé, selon gov.uk.
En parallèle, le Royaume-Uni a promis 2,5 milliards de livres (≈3 milliards d’euros) sur cinq ans pour la fusion nucléaire, misant sur la recherche pour compléter son arsenal énergétique du futur, toujours selon gov.uk.

