L’école française est malade. Très malade. Sa défaillance est profonde, chronique, structurelle. C’est, en tout cas, l’alerte lancée par la Cour des comptes dans son dernier rapport, publié ce mardi 20 mai 2025, sous le titre « L’enseignement primaire : une organisation en décalage avec les besoins de l’élève ». Les conclusions sont sans appel : les politiques éducatives mises en œuvre ces dernières années sont inefficaces, coûteuses, et incapables d’enrayer les difficultés croissantes des élèves. Résultat : un système qui tourne à vide, sans cap ni cohérence.
52 milliards d’euros par an pour l’école primaire
Chaque année, la France consacre 52 milliards d’euros à l’école primaire. Cela représente environ 2 % de son produit intérieur brut. Un effort budgétaire immense… sur le papier. Car dans les faits, les résultats sont très en deçà des attentes. D’après le rapport publié ce mardi 20 mai 2025 par la Cour des comptes, près d’un élève sur trois en classe de sixième a des difficultés en français, et un sur quatre peine en mathématiques. Autrement dit, les moyens sont là, mais ils n’ont pas d’impact.
Le rapport souligne une situation paradoxale : malgré plus d’heures consacrées aux fondamentaux que dans d’autres pays, les élèves français progressent peu. Ce blocage s’explique en partie par des inégalités très marquées. À titre d’exemple, les élèves les plus défavorisés – identifiés par leur position sociale – sont quatre fois plus nombreux dans les groupes en grande difficulté. Et la France présente l’un des plus grands écarts de niveau entre filles et garçons en français
La Cour des comptes pointe une cause centrale : l’inefficacité de l’organisation. L’État conçoit les programmes scolaires, les communes gèrent les locaux, les enseignants exercent sans cadre commun, et les directeurs d’école – censés coordonner le tout – n’ont ni autorité hiérarchique sur les équipes, ni pouvoir réel sur le fonctionnement de l’établissement. Ce découpage flou rend le système difficile à piloter. Et quand personne ne décide, ce sont les élèves qui subissent.
Un modèle contre-productif
La semaine de quatre jours, généralisée à partir de 2018, fait également l’objet de critiques appuyées. La Cour des comptes considère ce rythme scolaire comme néfaste. Il déséquilibre l’apprentissage, rend la mémorisation plus difficile, et accentue les écarts entre enfants. Plusieurs spécialistes de l’enfance soulignent que les élèves, en particulier les plus jeunes, ont besoin de régularité, de repères, et non de longs week-ends qui cassent le rythme éducatif.
Pourquoi ce choix, alors ? Pour répondre aux attentes des maires et des familles. Le critère pédagogique, lui, est passé au second plan. La semaine de 4,5 jours, plus adaptée au développement des élèves, a été abandonnée sans qu’aucune évaluation sérieuse n’ait été menée. Selon la Cour des Comptes, cette décision a été prise dans la précipitation, sans fondement scientifique, ni étude d’impact sur le long terme. Elle souligne aussi que la France est aujourd’hui le seul pays de l’OCDE à avoir adopté la semaine de quatre jours dans l’enseignement primaire.
Pour une refonte de l’ensemble du système
Autre signal d’alerte soulevé par le rapport de la Cour des comptes : la baisse du nombre d’élèves. Cette évolution s’explique en grande partie par la chute de la natalité française, qui bat, chaque année, un nouveau record. Si la tendance se poursuit, 350 000 élèves de moins fréquenteront l’école primaire d’ici 2028. Un tel recul devrait permettre de mieux répartir les ressources, de réduire les effectifs par classe, et d’améliorer l’encadrement pédagogique.
Mais à ce jour, les leviers restent inexplorés, ce qui n’est guère de bon augure. La Cour des comptes recommande en conséquence de regrouper les petites écoles, notamment en milieu rural, pour optimiser les moyens humains et matériels. Elle suggère aussi de revoir le statut du directeur, d’adapter les affectations d’enseignants aux besoins du terrain, et de favoriser un recrutement plus local. Objectif ? Clarifier les responsabilités, apporter davantage de cohérence au système, et rendre l’école plus réactive aux réalités du terrain. En somme, cesser de jeter de l’argent par la fenêtre.


Deja 4 jours surchargés ne valent pas 5 jours plus souples (perte de concentration les mardi et vendredi après-midi du a l’intensité des journées).
Ensuite, la plupart des investissements ont étés fait surtout sur l’aspect éducatif (plus d’assistantes sociales, avec plus de moyens etc, mais aussi plus de cours et de matériels sur des sujets sociétale, éducation civique etc, donc des manuels inutiles, voir parfois nocifs), tout ira mieux le jours ou l’on reviendra a une école qui n’est pas là pour ce substitué aux parents (voir pire, jouer les enquêteurs, et juger les enfants et leurs parents pour ce faire mousser !), mais pour instruire, et insister sur les fondamentaux, ce qui est vraiment important (pas pour former la société qui plaira a tel ou tel bord politique).
Bref, pas d’éducation (c’est au parents d’éduquer) pas de politique, juste l’instruction..
C’est normal que ça ne fonctionne pas, on s’évertue à apprendre aux enfants des choses qui ne sont peut-être pas ce qu’ils ont envie d’apprendre. je pense qu’il faudrait une école plus vivante, tournée bien plus vers le vivant, la nature, l’art, la créativité, car nous n’enseignons que des matières rationnelles et de façon très ennuyeuse aux enfants.
Rester des heures dans une salle de classe à écouter des profs parler de choses qui ne nous intéressent pas toujours, c’est très démotivant. il n’y a pas vraiment de valorisation du potentiel réel de l’élève. on formate tout le monde avec les mêmes matières, et on essaie de les faire aller dans la voie décidée par l’état.
Je me suis retrouvée en secrétariat car on ne savait pas quoi faire de moi, alors que je suis artiste, je l’ai toujours été, j’avais tellement horreur des cours que je dessinais en classe.
Et malgré ça, personne n’a décelé mes envies profondes et réelles. On ne m’a jamais proposé une école d’art, on me jugeait et résumait à mes résultats catastrophiques
L’école n’a qu’une vision limitée de l’humain. Car on formate l’humain pour qu’il soit un capitaliste, qu’il ait un métier productif avec un bon salaire.
Alors que ce qu’il manque dans tout ça….c’est l’humain.
Et de demander enfin aux élèves ce qu’ils ont envie de devenir.
Évidemment si on était dans une société plus humaniste, réellement tournée vers le potentiel et talents humains, vers l’épanouissement de l’être, alors là, on pourrait donner la chance aux artistes, aux musiciens, aux créateurs et j’en passe.
Mais on veut juste des élèves avec des bons résultats en maths, histoire, français etc….
ce n’est pas un mal mais cela manque de vie, à une période où les élèves ont justement besoin de s’amuser, de découvrir, d’explorer de façon plus vivante.
ils n’ont pas envie d’etre enfermé dans des murs pendant des heures et se farcir la tête de « savoirs », qui finalement ne leur correspond pas toujours.
Faites des enquêtes auprès des artistes, des créateurs, etc vous verrez que peu ont réellement été encouragé dans cette voie.
L’école ne comporte qu’une heure par ci par là de musique ou dessin, ce n’est pas du tout pris au sérieux.
Alors qu’aux usa, il y a un réel engouement pour la musique et l’art(il suffit de voir les spectacles des collèges ou lycées américains, que ce soit des bandes de jazz aux théatres, les moyens y sont mis pour que les élèves exploitent leur potentiel)
Bref pour moi il y a une limitation imposée par l’école, qui ne permet pas à l’élève de déployer tout son potentiel et d’exprimer ce qu’il est vraiment.
C »est cloisonné, ennuyeux, fade et sans vie.
D’ailleurs il faut voir comment les élèves sont contents le jour où on les sorts de l’école pour une sortie scolaire…C’est presque comme si le monde s’ouvrait à eux, alors qu’ils trainent des pieds pour aller à l’école.
Donc il y a bien quelque chose qui ne tourne pas rond.