La situation budgétaire française en 2024 met en lumière une série de défis structurels. L’évolution des dépenses sociales, la remontée des taux d’intérêt et les limites de l’élargissement de l’assiette fiscale pèsent sur les marges de manœuvre de l’État.
Une dette à 113 % du PIB : état des lieux en 2024
Au 31 décembre 2024, selon les données publiées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), la dette publique de la France atteint 3 305,3 milliards d’euros, soit 113,0 % du produit intérieur brut (PIB). Cette évolution représente une augmentation de 202,7 milliards d’euros sur l’année.
Le déficit public s’élève, quant à lui, à 169,6 milliards d’euros, correspondant à 5,8 % du PIB. Ce niveau, légèrement inférieur aux 6 % initialement anticipés, reste toutefois plus élevé que les projections établies début 2023 (4,4 %). Il reflète l’écart persistant entre la dynamique des dépenses et celle des recettes.
L’INSEE précise que les dépenses publiques ont progressé de 3,9 % en valeur, représentant 57,1 % du PIB, tandis que les recettes ont augmenté de 3,1 %, dans un contexte de croissance économique modérée.
Déficit public : des composantes budgétaires contrastées
Le poids croissant de certaines dépenses structurelles constitue l’un des principaux facteurs de ce déficit. 60 % de l’augmentation des dépenses provient des prestations sociales, notamment des retraites. L’INSEE indique également une hausse globale de ces prestations de 5,5 %, soit un supplément de 39,1 milliards d’euros.
Dans le même temps, la charge des intérêts de la dette a augmenté de 14,6 %, pour atteindre 2,0 % du PIB, sous l’effet de la remontée des taux d’intérêt. Cette évolution renforce la part incompressible des dépenses de l’État.
Perspectives : stabilisation progressive ou effort structurel ?
Lors de son passage sur France Inter le 27 mars 2025, le ministre de l’Économie Éric Lombard a déclaré : « Ça n’est pas une bonne nouvelle, c’est un déficit trop élevé, c’est pourquoi nous devons le réduire ». Selon les projections du gouvernement, le déficit public pourrait reculer à 5,4 % du PIB en 2025, sous l’hypothèse d’une croissance de 0,9 %. Une conférence des finances publiques est prévue le 15 avril 2025, visant à établir une stratégie budgétaire à moyen terme.
À plus long terme, la dette publique pourrait culminer à 116,5 % du PIB en 2027, avec un objectif de retour sous le seuil des 3 % de déficit public d’ici 2029. Ces prévisions restent conditionnées à une reprise économique soutenue et à la réalisation d’économies structurelles à hauteur de plusieurs milliards d’euros.



